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Mieux comprendre l’approche holistique

Holistique vient du grec, holos, qui signifie la totalité, l’entier. L’approche holistique consiste à prendre en compte la personne dans sa globalité plutôt que de la considérer de manière morcelée.

Mieux comprendre l’approche holistique

« Ce n’est pas une âme, ce n’est pas un corps que l’on dresse, c’est un homme. » Montaigne

Holistique vient du grec, holos, qui signifie la totalité, l’entier. L’approche holistique consiste à prendre en compte la personne dans sa globalité plutôt que de la considérer de manière morcelée. Par exemple, une vision holistique de l’être humain tient compte de ses dimensions physique, mentale, émotionnelle, familiale, sociale, culturelle, spirituelle. L’approche holiste, en sciences humaines, s’intéresse aux motivations et aux pratiques sociales des individus pris de manière collective au sein de la société. Elle considère que les faits sociaux doivent être expliqués en relation avec le groupe ou la société. Dans le cadre d’une approche de bien-être, elle invite le praticien à tenir compte, dans son accompagnement, de tous les aspects de la vie de son client.
Dans une approche holistique, le tout est supérieur à la somme des parties qui la composent. Comme tout ensemble naturel, l’être humain répond à ce principe. Pour l’appréhender et le comprendre, nous devons le considérer comme un ensemble de dimensions autonomes, une totalité équilibrée dont chaque partie agit au plus grand bonheur du tout. Cependant, une partie défaillante peut également compromettre l’ensemble de la structure.

« Le moi est ce que je perçois de moi-même. Le soi est ce que je suis au-delà de ce que mon moi peut en appréhender, car le tout est plus grand que la somme des parties. » Confucius

Anthropologie de l’approche holistique

En Occident, notre vision de la physiologie nous incite à compartimenter les différents organes et tissus, comme s’ils étaient indépendants. La vision orientale du vivant considère, au contraire, que tout est lié. Ainsi, pour la médecine chinoise, le corps est parcouru de courants vitaux, qui conditionnent la santé, règlent et coordonnent l’ensemble des activités physiologiques. De même, notre système éducatif et social nous enseigne à retenir toutes nos émotions – colère, frustration, tristesse, peur, angoisse, joie, amour – et à ne pas trop les exprimer. Voilà pourquoi nombre de gens ont des comportements addictifs ou pulsionnels pour compenser la non-expression de leur sensibilité émotionnelle.

Depuis la nuit des temps, les cultures humaines ont toujours été articulées autour du corps et de la santé qui alimentent les notions de vitalité et de force d’agir. Cependant, l’approche holistique inclut également une vision du monde, c’est-à-dire l’ensemble fondamental de croyances et de principes personnels ou organisationnels au sujet de la nature et de la réalité extérieure.

La médecine traditionnelle chinoise, remontant à plus de 3000 ans avant J.-C., est fon- dée sur une théorie du fonctionnement de l’être humain incluant les aspects physiologique, psychologique et anatomique. Elle cherche à comprendre l’être humain dans son ensemble, incluant les symptômes, visibles ou non, de ses éventuels dysfonc- tionnements, par une gestion de l’équilibre de l’énergie interne appelée qi.

L’ayur véda, la médecine traditionnelle indienne, définit les différentes humeurs corporelles et mentales en prenant, égale- ment, l’humain dans sa globalité. L’univers, y compris le corps humain, serait constitué des cinq grands éléments que sont l’éther, l’air, le feu, l’eau et la terre.

Dans une vision plus onirique, c’est par le temps du rêve que les Aborigènes pensent que leur vie est en relation avec tout ce qui les entoure.

À toutes les époques, les peuples semblent toujours avoir connu le besoin de développer des ressources, des inventions, pour leur bien-être. Chaque civilisation a plus ou moins influencé le reste du monde, pas uniquement de façon négative par ses conquêtes guerrières, mais aussi par ses trouvailles médicinales, ses innovations mé- dicales ou sa vision de la santé humaine, son savoir-faire lié au bien-être. Cet apport continuel des civilisations a permis une meilleure compréhension de la vie et des conditions pour la préserver. Les thermes romains, grecs ou égyptiens, la médecine chinoise, le taoïsme ou l’ayurvéda ont alimenté nos sociétés actuelles. Il n’y a pas une tribu africaine, indonésienne, amérindienne ou inuit qui n’ait apporté sa vision du bien-être. Nous sommes finalement tous reliés.

Corps, âme, esprit

L’approche holistique repose souvent sur une constitution ternaire (ou tripartite) de l’être humain : le corps, l’âme, l’esprit. Dans ce ternaire, le corps correspond aux éléments physiques et matériels, l’âme aux éléments psychiques et subtils, l’esprit à l’élément spirituel, immatériel et lumineux.

Le corps est issu de l’évolution terrestre, minérale, végétale et animale, qui le relie au monde matériel dont il subit les lois. La partie spirituelle de l’être humain, l’esprit, est issue d’un niveau de réalité non matérielle. Cette réalité supérieure est assimilée dans les traditions aux mondes divins et angé- liques. Un être humain est donc un esprit incarné dans un corps. L’âme est l’élément intermédiaire, l’interface entre le corps et l’esprit. Elle est de nature psychique, c’est- à-dire qu’elle n’est ni matérielle, ni spiri- tuelle, dans son essence. L’âme est le lieu de tous les combats internes, de toutes les contradictions de l’être humain. L’âme est changeante et sujette à toutes sortes d’influences. Lieu de rencontre entre le corps et l’esprit, l’âme doit faire face à des réalités contradictoires qui engendrent des tensions et des conflits qui peuvent être d’une grande violence.

L’interaction entre le microcosme et le macrocosme

L’évolution des sciences actuelles nous permet aujourd’hui de percevoir l’être humain comme un ensemble plus ou moins intégré et coordonné de différents niveaux d’organisation. Il s’agit du corps physique, dense et visible, du corps énergétique, composé de réseaux de méridiens et de centres de force ou chakras, du corps émotionnel et du corps mental. Ces quatre corps – physique, énergétique, émotionnel et mental – sont intimement liés, tout en gardant leurs fonctions et leurs lois de fonctionnement propres.

La loi de correspondance universelle veut que la constitution de l’être humain soit en principe similaire à la constitution du cosmos. Si l’être humain est fait d’un corps, d’une âme et d’un esprit, l’univers dans son ensemble est lui aussi fait de l’équivalent d’un corps, d’une âme et d’un esprit. Symboliquement, cette correspondance est figurée par le sceau de Salomon, formé de deux triangles enlacés. Un triangle pointe en haut, représentant le macrocosme, est entrelacé avec un triangle pointe en bas représentant le microcosme. La loi de correspondance entre le microcosme et le macrocosme implique qu’il existe une interrelation profonde entre les réalités humaines et cosmiques. La science moderne a redécouvert cette interaction universelle au niveau physique grâce en particulier à la physique quantique. Tout est relié à tout.

« Observe un grain de sable et tu percevras l’univers. »

Dans sa généralité, la notion holistique est aussi simple qu’universelle ; les exemples du principe holistique sont légion. L’idée systémique que chaque partie d’un système est un reflet du tout s’applique aussi au corps humain. Ainsi les divers points réflexes sont connectés à des zones particulières du corps. Que ce soit en réflexologie plantaire, en acupuncture ou en iridologie, nous avons des mini-systèmes reliés au méta-système qu’est le corps. De plus, chaque cellule de l’organisme transporte dans son ADN des clones virtuels de l’ensemble.

Intégrer la dimension holistique dans son mode de vie

La notion holistique reflète donc une certaine vision du monde, une approche à différents niveaux. Elle a toujours existé, car nous savons intrinsèquement que nous sommes un tout. Nous sommes liés à notre corps, à notre ADN, à nos gènes, mais aussi à ce que nous mangeons, à ce que nous respirons, touchons,ànotreconditionnementfamilial, notre psychologie, notre vie sociale, nos ambitions, notre histoire, nos expériences personnelles, notre imagination, nos rêves et nos fantasmes, à tout ce que nous pensons et ce que nous sommes.

La compréhension de la dimension holis- tique doit non seulement nous aider à vivre harmonieusement notre condition d’être humain, mais elle doit aussi nous permettre de progresser, d’évoluer et de cheminer, tel un parcours sur soi avec soi. Le chemin de l’évolution spirituelle suppose d’avoir pu résoudre au préalable les éventuelles dif- ficultés qui peuvent être de nature corporelle, psychique ou spirituelle. Il est donc nécessaire d’être maître chez soi, d’avoir réalisé en soi une harmonie entre les trois niveaux de l’être – corps, âme, esprit – et, à l’intérieur de chaque niveau, d’être par- venu à maîtriser les énergies qui y circulent. Dans notre environnement actuel, cela peut être de retrouver la lenteur, le silence, le vrai contact avec soi.

Depuis quelques années, des centres holistiques se créent à travers la France, c’est-à- dire des associations de praticiens provenant de différentes disciplines (naturopathe, praticien massages-bien-être, ostéopathe, nutritionniste, prof de yoga, psys…) cher- chant à combiner leurs compétences pour améliorer notre santé en amont. Ce sont peut-être les nouvelles formes d’action qui nous permettront de franchir une nouvelle étape dans la conscience de notre santé et bien-être.

Applications de la pratique holistique dans le champ du bien-être :

Coaching de groupe

Dans les organisations également, les lois holistiques et leurs applications se tra- duisent par des phénomènes observables qui fournissent un outil conceptuel au consultant. Ici, le principe holistique est que toute partie d’une organisation (service, département, unité, division, équipe, etc.) qui a participé́ à son histoire globale porte des reflets de l’ensemble de l’organisation et de ses autres parties dans sa structure, ses stratégies, ses jeux psychologiques, ses processus et ses résultats.

Exercice physique

Le yoga ou le qi gong apportent, par exemple, de nombreux bienfaits plus sub- tils, tournés vers soi, pour soi. Les techniques corporelles holistiques ne se situent pas dans la recherche de la compétition sportive mais dans une attention portée à soi-même. Ainsi elles reconnectent sereinement le corps à l’esprit.

Exercice mental

La sophrologie et la méditation, ou le conditionnement progressif de l’esprit à se relaxer. Sur le plan physiologique, on recherche un état physique de détente qui ralentit le rythme cardiaque et réduit la pression artérielle.

Nutrition

Notre équilibre mental et physiologique dépend principalement de notre hygiène alimentaire. Du complément alimentaire végétal, en passant par une alimentation bio, le jeûne saisonnier jusqu’au bilan vital de la naturopathie ou encore la nutrition liée à son groupe sanguin, les repères pour mieux se comprendre se multiplient, l’objectif étant d’adapter son alimentation à ses besoins, son individualité biologique.

La dimension holistique dans le massage-bien-être

L’approche holistique du massage-bien- être tient compte de l’être au sens général, elle respecte sa dignité ainsi que l’unité de l’individu. On ne peut apporter le bien- être sans regarder comment vit la personne que l’on a en face de soi. Le praticien se renseignera donc sur l’alimentation de son client, sur l’exercice qu’il pratique, sur son mode de pensée, sur sa vision des choses, sur l’éventuel stress subi au quotidien. D’après les différents renseignements qui auront été pris et en tenant compte dans son accompagnement de tous les aspects de la vie de son client, le praticien sera en mesure d’accueillir celui-ci dans sa globalité.

Le massage-bien-être, dans sa dimension holistique, intègre l’écoute et l’accompa- gnement de la personne, la qualité du toucher, la présence juste du praticien, sa capacité d’adaptation. Celle-ci favorise le bien-être, la détente, l’équilibre psycho- affectif, une respiration libérée et une

« Soyons par conséquent, sans perdre un instant, les pionniers et les propagateurs d’une philosophie holistique [qui] doit prendre en compte les multiples facettes – physique, intellectuelle, esthétique, émotionnelle et spirituelle – de la personnalité humaine, et tendre ainsi à la réalisation de ce rêve éternel : un être humain parfaitement accompli vivant dans un monde où règne l’harmonie. » Unesco, Rapport sur l’éducation pour le XXIe siècle

SOURCES

• René Guénon, La Grande Triade.

• Daniel Robin, Corps, âme, esprit.

• Alain Sembély, Conception holistique de l’être humain.

• Jacques Benjamin Boislève, Santé naturelle et santé holistique.

• D. Auzenet

Source

Par  Patrice MINERY et Etienne GOBIN / paru dans La Massagère / Numéro 13 / 2013.

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