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Les huiles essentielles, toucher d’essences…

Les plantes sont indispensables à la vie et participent à la survie de l’espèce humaine.

Les huiles essentielles, toucher d'essence...

L’homme doit sa survie au monde végétal…

Les plantes sont indispensables à la vie et participent à la survie de l’espèce humaine. Depuis des millénaires, l’homme a utilisé le végétal pour se nourrir, s’abriter, se protéger, se soigner… Partout dans le monde, les fleurs contribuent aux fêtes et aux rituels culturels ou religieux.

Ce monde végétal regorge de substances étonnamment puissantes et magiques que l’on nomme « huiles essentielles ». Depuis quelques années, à la recherche d’une vie plus saine, plus équilibrée, les huiles essentielles s’invitent dans nos assiettes, dans nos cosmétiques, parfument nos intérieurs et s’incarnent dans le monde du bien-être…

Qui ne possède pas un flacon d’huile essentielle ? Les huiles essentielles sont souvent associées aux odeurs, aux senteurs, mais que sont véritablement les huiles essentielles ? N’a-t-on pas tendance à les utiliser à tort et à travers ? Comment convier les huiles essentielles dans le cadre des massages-bien-être ?

Depuis la nuit des temps…

Aussi loin que nous puissions remonter dans le temps, nous retrouvons des traces de l’utilisation d’extraits aromatiques en Inde, en Chine, chez les aborigènes, en Egypte ancienne, en Grèce antique, sous l‘empire romain…

Dans toutes les régions du monde, ces peuples connaissaient les propriétés médicinales des plantes de leur environnement et transmettaient ce savoir empirique de génération en génération. Les Egyptiens embaumaient leurs morts avec l’huile essentielle de cèdre, désinfectaient les habitations, parfumaient leurs cheveux et leurs corps…avec les huiles essentielles.

En Occident, c’est au Moyen-Âge, sous l’influence de l’alchimie et des échanges avec les pays musulmans, que la distillation fit son apparition. L’invention de l’alambic à vapeur revient au prince des médecins du Xème siècle Jabir Ibn Havyan, dit « Avicenne », médecin alchimiste et philosophe arabe.

Au cours des siècles suivants, de nombreux chercheurs développèrent leurs recherches et améliorèrent les procédés d’extractions. Le terme « aromathérapie » fit son apparition au début du XXème siècle, avec Maurice Gattefossé (1881-1950), chimiste, pharmacien et parfumeur.

A partir des années 1960, le docteur Jean Valnet pris la suite de ces travaux et publia de nombreux ouvrages de référence, puis le docteur Pierre Franchomme introduisit la notion de chémotype et d’aromatogramme.

Toutefois, sous la révolution industrielle du siècle dernier, les vertus thérapeutiques des plantes ont été un peu délaissées et seules la parfumerie et la cosmétique conservèrent un intérêt pour les huiles essentielles.

De nos jours, sous la nouvelle tendance orientée vers les valeurs de vie saine, vers le naturel, l’aromathérapie connaît un bel essor et s’installe dans nos demeures, notre cuisine, notre cosmétique, notre santé et notre bienêtre…

Naissance d’une précieuse

L’aromathérapie relève de l’utilisation des extraits aromatiques des plantes à des fins médicinales.

Cette science concerne donc les plantes aux odeurs pénétrantes, les bois aux essences prononcées, dont on va extraire des particules aromatiques, contenues dans différents organes des plantes (fleurs, feuilles, fruits, écorces, racines, graines…).

Huile essentielle « vraie » ou « essence » ?…

Pour extraire ces précieuses molécules aromatiques, on trouve des méthodes naturelles respectueuses de l’intégrité des molécules et non polluantes.

La méthode la plus employée est la distillation à la vapeur d’eau dans un alambic, permettant d’extraire les molécules volatiles et d’obtenir ainsi les huiles essentielles « vraies » et les eaux florales.

C’est le procédé le plus ancien qui offre les meilleures qualités d’huiles essentielles. L’extraction par pression mécanique à froid est réservée aux zestes d’agrumes, elle consiste à presser l’écorce des agrumes pour obtenir leurs molécules aromatiques non volatiles. On parle alors d’une « essence » aromatique.

A l’encontre, il existe des méthodes industrielles privilégiant la rentabilité à la qualité, comme la distillation par solvant qui dénature fortement les principes aromatiques des plantes. On parle ainsi « d’absolue » et non d’huile essentielle ou d’essences…

La bonne utilisation

Les huiles essentielles, ainsi obtenues, referment une multitude de composés chimiques, et c’est la synergie de cette complexité qui les rend « essentielles ».

Très concentrées, répertoriées selon leur composition biochimique, les huiles essentielles sont très puissantes et nécessitent de grandes précautions d’emploi et le respect des conseils d’utilisation.

Les huiles essentielles ne contiennent pas de corps gras et sont donc solubles uniquement dans l’huile, l’alcool ou une matière grasse ou solide (miel).

Les huiles essentielles sont des liquides aux couleurs multiples et sont entièrement volatiles. Elles peuvent se respirer par diffusion, en vaporisation ou inhalation. Elles peuvent s’appliquer diluées sur la peau ou dans un bain, et peuvent être ingérées par voie buccale sous prescription médicale uniquement dans ce cas. Leur dosage mal approprié peut se révéler extrêmement dangereux et risqué. L’aromathérapie est réservée aux professionnels et répond à une réglementation très stricte.

De multiples senteurs, de multiples qualités…

Devant l’intérêt grandissant pour les huiles essentielles, leur commercialisation prend une

direction pas toujours qualitative… Comment s’y retrouver parmi ces centaines d’arômes proposés ?

Les qualités d’une huile essentielle varient selon plusieurs critères. La qualité des plantes : les huiles essentielles provenant de cultures biologiques (sans trace de pesticides) ou de plantes sauvages sont de loin les plus saines.

On doit pouvoir identifier l’identité de l’huile essentielle, c’est à dire le genre, l’espèce, son nom botanique exact (latin) et son chémotype (type chimique), la partie de la plante utilisée, le pays d’origine, son mode de production, le numéro de charge, la date d’échéance…

Les huiles essentielles sont sensibles et doivent être conditionnées dans des flacons de couleur foncée. Le rendement des huiles essentielles est faible et explique le prix souvent élevé des huiles essentielles. Chaque fiole est unique et les passionnés de ces « magiciennes » peuvent évoquer la densité de leurs arômes, leur « cru », leurs couleurs, leurs beautés…

Identité des huiles essentielles

L’analyse biochimique des huiles essentielles nous informe sur leur composition exacte et détermine leur famille et chémotype, et décline leurs propriétés thérapeutiques. Les huiles essentielles sont de remarquables correcteurs de « terrain » et sont donc dotées de pouvoir anti-infectieux, antiseptique, énergisant, cicatrisant, anti-inflammatoire, antalgique, rééquilibrant, sédatif, relaxant, régulateur…

Ainsi, l’huile essentielle de lavande vraie « Lavandula Vera » présente des qualités sédatives et calmantes, mais aussi antalgiques, anti-inflammatoires, cicatrisantes, regénérantes.

Rappelons que cette approche thérapeutique est réservée aux professionnels formés en aromathérapie.

Sentir pour mieux se sentir…

Les huiles essentielles sont énergie et à ce titre agissent au plus profond de nous-même, sur notre système nerveux et hormonal, notre état émotionnel, nos sens, nos corps subtils, nos centres énergétiques…

Dans les temps anciens, les différentes civilisations estimaient que les huiles essentielles émettaient un champ vibratoire et guidaient les hommes sur leur chemin de guérison physique, émotionnel et spirituel.

L’énergie vibratoire des huiles essentielles se révèle à celui ou celle qui hume leurs parfums sans analyse, ni jugement et qui lâchent le mental…

Ainsi l’énergie de l’huile essentielle du « Nard de l’Himalaya » encourage la transformation intérieure en harmonisant tous les aspects de la personnalité, favorise l’ancrage et l’union de tous les contrastes… On dit qu’elle est issue du « siège des Cieux »…

Les odeurs sont immat érielles…

Ces odeurs inhalées sont transmises directement à notre cerveau limbique qui va les mémoriser et procéder à un « classement arbitraire » d’agréable ou non selon le contexte émotionnel dans lequel elles auront été perçues, ce qui peut influencer nos états d’âme. Contrairement aux autres sens, les informations

reçues par notre sens de l’odorat ne passent pas par le mental.

Ce cerveau limbique, nommé souvent « primitif » car sous aucun contrôle logique, est le centre des émotions, de l’affectivité et de la mémoire à long terme.

Il joue un rôle important dans le décodage de l’information transmise par l’odorat, et s’occupe plus largement de notre monde intérieur : émotion, mémorisation, motivation.

Relié au système nerveux végétatif, le cerveau limbique invite le corps à une réaction positive ou négative. On dit qu’il est binaire : plaisir, déplaisir.

Nous pénétrons ainsi dans le monde de l’olfactothérapie, méthode créée par Gilles Fournil. L’olfactothérapie participe au mouvement de la vie, à la recherche de l’harmonie et de la paix. L’exploration progressive, méthodique et consciente de l’influence des odeurs sur nos comportements favorise la compréhension de nos zones d’inconfort, la libération de blocages émotionnels. L’odorat et le monde des effluves nous relient alors à la partie sublimée de notre être. Nous n’utilisons plus sous ce plan, les molécules biochimiques des huiles essentielles, mais laissons s’installer un dialogue entre un végétal et un être humain… Le dialogue « d’âme à âme »…

C’est une rencontre vibratoire car l’odeur n’existe pas en soi…

Nul besoin d’un souvenir conscient, de cette réminiscence émergera une énergie libératrice et réparatrice. La senteur émise par une huile essentielle peut modifier notre humeur, nos comportements, agir physiologiquement en soulageant une douleur, en modifiant le rythme cardiaque, elle peut réconforter, calmer, rassurer…

L’huile essentielle de néroli est par excellence « l’antichoc énergétique » par l’apaisement immédiat qu’elle procure… La puissance énergétique des huiles essentielles invite l’être humain à mieux se connaître, à mieux s’aimer et aimer la vie…

Les massages-bien-être et les huiles essentielles

Les huiles essentielles sont au coeur des massages-bien-être. Le marché florissant propose des gammes d’huiles de massage prêtes à l’emploi aux mélanges plus ou mois subtils. Chaque composé se marie volontiers à la pratique de massage-bien-être envisagée, qu’elle soit relaxante, tonifiante, décontractante… En diffusant des huiles essentielles dans son espace, en utilisant des huiles de massage aux huiles essentielles, le praticien en massages bien- être invite son client, dès le seuil franchi, au voyage intérieur… à l’éveil des sens…

Pratiqués depuis l’antiquité, les massages bien- être aux huiles essentielles allient les bienfaits des massages-bien-être eux-mêmes, aux vertus des huiles essentielles et procurent ainsi détente, relaxation, apaisement, encouragent le lâcher-prise et l’abandon.

Par l’éveil de son sens olfactif la personne massée est conviée à l’expérimentation des échanges vibratoires et à cheminer vers plus de conscience. L’utilisation des huiles essentielles dans les massages-bien-être augmente considérablement les potentiels énergétiques du client. La vibration énergétique des huiles essentielles en influant sur nos mémoires enfouies, entre en résonance avec notre psychisme, ce qui conduit à l’accès de l’information primordiale dont le végétal aromatique est porteur et encourage l’évolution spirituelle…

Sous une dimension d’accompagnement, le praticien en massages-bien-être peut-il imposer l’influence de ces « précieuses » à son client ?

Le pouvoir des arômes doit être consenti, accueilli, expérimenté en toute liberté

Le choix de l’utilisation d’une ou plusieurs huiles essentielles implique une concertation entre le massé et le praticien. Loin de se laisser « mener par le bout du nez », le client est ainsi accompagné vers une conscience libératrice et une maîtrise de son potentiel.

En acceptant cette rencontre, cette offrande de respect, de bienveillance, le praticien permettra à chacun de vivre le mouvement de la vie intérieure.

Dans le domaine du bien-être, les huiles essentielles font partie des substances les plus précieuses que la nature puisse nous offrir… pour un toucher d’essences…

Quelques précautions…

Les huiles essentielles sont très puissantes, il est important de toujours les diluer Eviter le contact avec les muqueuses et les yeux

• Déconseillées pendant la grossesse et l’allaitement et chez les enfants de moins de 3 ans

• Certaines huiles essentielles sont dermocaustiques ou photosensibilisantes, prudence

• Ne pas ingérer les huiles essentielles sans l’avis d’un professionnel

• Les huiles essentielles ne sont pas solubles dans l’eau

• Les huiles essentielles sont chères, méfiez- vous des contre-façons

Pour obtenir 1 kilogramme d’huile essentielle de rose, il faut 4 000 kg de pétales de rose de Damas (soit 1 hectare de rosiers)

SOURCES BIBLIOGRAPHIQUES

– L’aromathérapie exactement (Dr.Pierre FRANCHOMME & Daniel PENOEL. Ed.R.Jollois)

– Les huiles essentielles pour votre santé (Guy ROULIER. Ed. Dangles)

– Aromathérapie (Dr Jean VALNET Ed. du Dauphin)

– L’aromathérapie, se soigner par les huiles essentielles (Dominique BAUDOUX Ed. Amyris)

– L’aromathérapie énergétique (Lydia BOSSON & Guenolée DIEZ Ed. Amyris)

– Le chemin des arômes (Michel SOMMERARD Ed.R.Jollois)

– La passion des huiles essentielles et des eaux florales (Joël RUIZ & Christophe DREZET Ed.Aromarêve)

Source

Par  Pascal CHAMBON / paru dans La Massagère / Numéro 11 / 2012.

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