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Face au mal-être la réponse est-elle seulement médicamenteuse ?

La France, surconsommatrice de médicaments est malade de ses propres remèdes ! Près d’un quart de la population absorbe des an- xiolytiques, des antidépresseurs ou des somnifères. Un triste record en Europe selon le CREDES

Face au mal-être la réponse est-elle seulement médicamenteuse ?

La France, surconsommatrice de médicaments est malade de ses propres remèdes ! Près d’un quart de la population absorbe des an- xiolytiques, des antidépresseurs ou des somnifères. Un triste record en Europe selon le CREDES ( Centre de Recherche, d’Etude et de Documen- tation en Economie de la Santé).

Cela en dit long, à la fois, sur la façon d’aborder le mal-être et sur ses formes de recevabilité par notre société. Cette surconsommation médicamenteuse, que nous oblige-t-elle à voir, à comprendre : Un désespoir profond ? Une angoisse existentielle ? Un déséquilibre comportemental ?

Le français est « mal dans sa peau », telle serait la conclusion rapide à la- quelle ce constat de prise excessive de médicaments nous conduit. Miroir social d’une société, véritable cache-misère, l’addiction aux médicaments s’érige en force défensive, à tel point que toute autre solution alternative, hors du champ médicamenteux, semble impossible.

Qui de la société ou de l’homme est en crise ?

Si cette surconsommation de médicaments concerne la collectivité, elle interroge aussi la personne et la confronte à elle-même. L’homme est « mal dans sa peau » lorsqu’il prend ses distances avec sa nature profonde. Si un « mieux-être tranquillisant » peut-être administré de l’exté- rieur, le bien-être quant à lui, ne peut s’exprimer que par une dynamique de vie émergeant de l’intérieur.

Chaque personne cherche à sa façon le bien-être. Beaucoup succom- bent au mirage médicamenteux, confondant confort artificiel et bien-être. En se laissant tenter, subjuguer par cette « prise magique », le mal-être est certes atténué, nivelé mais aussi bâillonné et d’une certaine façon, rejeté et nié. Il ne s’agit pas de stigmatiser et de culpabiliser les consommateurs. Encore moins de condamner les utilisateurs de médicaments surtout lorsque les remèdes sont proposés à bon escient, dans un « juste nécessaire des choses ».

L’inconfort, le découragement, l’angoisse sont des malaises autant phy- siques que psychiques. Ils sont non seulement le reflet d’un mal-être mais aussi le signal d’un éloignement progressif des valeurs, des richesses et des potentialités qui constituent en grande partie la dimension intérieure de l’humain.

« Le mal-être est le signal d’un éloignement, voire d’une rupture avec la dimension intérieure de l’humain »

Force de constater qu’ un vécu quotidien “hors-sol“, c’est à dire coupé de ses racines, peu relié à son intériorité, à sa profondeur, ne facilite pas la connexion avec les besoins fondamentaux.

Le mal-être est une « tension », qui signale l’existence d’un grand écart entre ce que nous vivons et ce que nous devrions vivre au plus juste en nous-mêmes. Le mal-être n’est, somme toute, qu’une énergie qui cherche désespérément à se déployer. Il est un appel à être, exigeant un changement délibéré, une modification profonde et un autre regard sur la vie.

L’homme aspire à vivre et à vivre pas nécessairement mieux mais « bien ». C’est à dire de façon plus juste, plus cohérente avec lui-même et les valeurs qui le constituent.

« Vivre bien » c’est s’arracher à l’illusion que « l’autre », la société, l’extérieur, disposent du pouvoir de nous réconcilier avec nous-mêmes.

Le processus permettant cette réconciliation intérieure, c’est de l’ordre du libre arbitre et de la responsabilité individuelle.

Vivre, c’est le désir profond que nous partageons même avec l’amibe, c’est dire ! Cette aspiration inhérente à la dynamique de vie se nourrit de croissance, d’évolution et de transformation.

Vivre c’est être… et être c’est s’autoriser à se rencontrer, à dépasser les conditionnements et les enfermements.

C’est ouvrir un autre possible, c’est défaire ce que nous avons pourtant si laborieusement élaboré précédemment. Vivre est comparable à une faim insatiable…

Inévitablement ce retour « au vivre », ce retour à l’être est un mouvement d’éducation et d’utilité publique !

« Les massages-bien-être offre l’immense possibilité de rester en lien avec le vital et de ne pas se désolidariser de son intériorité »

C’est pourquoi le massage-bien-être a un rôle déterminant à jouer au cœur même de notre société, une place à réoccuper au quotidien, dans notre mode de vie.

N’oublions pas que le toucher est l’une des plus anciennes formes na- turelles de soutien, d’aide et d’accompagnement. Certains disent qu’il fait même parti de nos gênes tant le geste de porter sa main sur une zone sensible est inné chez les humains. Le massage-bien-être est un merveilleux moyen de se maintenir en forme physique et psychique, sans effets secondaires indésirables. Nous savons que l’impact d’un toucher bienveillant déclenche auprès de millions de cellules sensitives, des in- formations structurantes et rassurantes. En transmettant ces différentes impulsions au cerveau, celui-ci déclenche d’innombrables réactions dans l’organisme, rompant ainsi avec tout ce qui fait ornière, obstruction, résistance…

Le massage-bien-être, quant à lui, offre l’immense possibilité de rester en lien avec le vital, de ne pas se désolidariser de l’intériorité, source d’épanouissement.

L’art du toucher, dans la dimension sociale et éducative proposé par les massages-bien-être, invite à un précieux instant de complicité avec soi- même. Le bien-être naît d’une facilité d’adaptation à l’instant présent.

Sachons-le nous sommes tous porteurs de réponses pour notre bien-être. Notre responsabilité humaine est de les accueillir, de les entendre… et de les incarner.

Source

Par Roger DAULIN / paru dans La Massagère / Numéro 9 / 2012.

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