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Les croyances

Nous pensons souvent que « ce que je crois est vrai », sans nous rendre compte que chacun de nous construit sa propre représentation du monde. Cette croyance consiste à prendre nos représentations mentales pour le monde réel.

Les croyances

Nous pensons souvent que « ce que je crois est vrai », sans nous rendre compte que chacun de nous construit sa propre représentation du monde. Cette croyance consiste à prendre nos représentations mentales pour le monde réel.

Les croyances sont liées aux truismes, une vérité aussi évidente que banale selon le dictionnaire de la langue française. Le principe de la croyance est une idée qui se suffit à elle même et exclut tout besoin de vérification extérieure. L’adhésion personnelle interne suffit à sa validation. Si nos croyances sont des évidences dont nous ne parlons pas, en réalité, sans le savoir, nous ne parlons que d’elles. Elles ne sont pas explicites, mais implicitement présentes dans nos comportements, nos discours et nos choix, les croyances agissent alors comme des filtres qui orientent notre attention, et limitent nos perceptions des stimuli provenant de l’environnement. Elles exercent également une sélection de l’information perçue.

« Souviens-toi que ce n’est ni celui qui te dit des injures, ni celui qui te frappe, qui t’outrage, mais c’est l’opinion que tu as d’eux […] Quand quelqu’un donc te chagrine et t’irrite, sache que ce n’est pas cet homme-là qui t’irrite, mais ton opinion. Efforce-toi  donc, avant tout, de ne pas te laisser emporter par ton imagination.» (Epictète)

Nous faisons en sorte de renforcer nos croyances en leur donnant, consciemment ou non, l’occasion de les mettre à l’épreuve. Les émotions alors engendrées renforcent la croyance. C’est le principe d’auto-confirmation de celle-ci. Sachant qu’à partir de deux expériences similaires nous avons tendance à en généraliser les conséquences : « Chaque fois que je prête ma voiture, on me l’abîme », nous comprenons ainsi que l’une des stratégies de fonctionnement de l’inconscient est de rechercher ce qu’il y a en commun entre deux ou plusieurs expériences, pour procéder à l’élaboration d’une croyance.

Lorsque nos croyances ne sont pas satisfaites, nous nous percevons comme étant en décalage par rapport à nos scénarios de vie. Pour échapper à la culpabilité ou à l’angoisse ressenties face à ce décalage, nous n’avons de cesse de nous mettre en accord avec les exigences émanant de nos systèmes de croyances, au lieu d’interroger et de remettre en question ces croyances elles mêmes.

Les croyances nous cadrent, nous conditionnent et masquent notre liberté d’être ce que nous sommes réellement. Il est tellement évident, aux yeux de certains, que le plaisir est coupable, répréhensible, voire qu’il conduit en enfer…

C’est le sens qui fait souffrir, non la chose. Ainsi, pour se défaire de nos croyances, auxquelles nous ne pouvons échapper car elles sont au coeur même de notre structure et organisation psychiques, nous devons en modifier le sens. Pour y parvenir il faut identifier nos croyances restrictives et les transcender en croyances ouvertes ou relatives. Ceci permettra de déstabiliser nos systèmes logiques de croyances qui s’enchevêtrent les uns aux autres. Faire un travail de conscience et de transformation de nos croyances représente une ouverture sur une nouvelle réalité qui n’est autre qu’un chemin vers soi.

Source

Par Etienne GOBIN / paru dans La Massagère / Numéro 8 / 2011.

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