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Covid-19 et massage bien-être : comment la FFMBE a défendu et accompagné les praticiens pendant la crise sanitaire

Entre 2020 et 2022, la crise du Covid-19 a profondément bouleversé l'activité des professionnels du massage bien-être. Confinements, fermetures de cabinets, incertitudes réglementaires, difficultés économiques et nouvelles exigences sanitaires ont placé toute une profession face à une situation inédite. Durant cette période, la Fédération française de massage bien-être (FFMBE) s'est mobilisée pour informer, conseiller, accompagner et défendre les praticiens. Retour sur deux années d'engagement qui ont également renforcé sa détermination à obtenir la reconnaissance des métiers du massage.

Mars 2020 : une profession brutalement confrontée à la crise sanitaire

Lorsque la pandémie de Covid-19 entraîne le premier confinement, les professionnels du massage bien-être doivent interrompre leurs activités. Pour beaucoup de praticiens indépendants, cet arrêt signifie une perte immédiate de revenus, alors que les charges professionnelles continuent de courir.

À cette difficulté économique s’ajoute une incertitude réglementaire majeure. Le massage bien-être ne dispose pas d’une identification professionnelle suffisamment claire dans les différents dispositifs administratifs. Les praticiens exercent sous des codes d’activité et des statuts variés, ce qui complique l’interprétation des mesures gouvernementales et l’accès aux dispositifs d’aide.

La crise met ainsi en évidence une fragilité ancienne : si le droit d’exercer le massage bien-être est mieux établi depuis les avancées juridiques de 2016, la profession demeure insuffisamment reconnue dans les dispositifs administratifs et économiques.

Pour la FFMBE, l’urgence est double : aider les professionnels à traverser la crise et faire entendre leurs difficultés auprès des pouvoirs publics.

Printemps 2020 : informer, sécuriser et préparer la reprise des massages

Dès les premières semaines, la FFMBE engage un travail de veille, d’analyse et d’information pour répondre aux nombreuses interrogations des praticiens.

Les bénévoles du conseil d’administration et l’équipe administrative multiplient les réunions, suivent les annonces gouvernementales et tentent d’en déterminer les conséquences concrètes pour les métiers du massage.

| Des recommandations sanitaires adaptées à la pratique du massage

L’une des premières initiatives de la fédération consiste à constituer un groupe de travail chargé d’élaborer des recommandations d’hygiène spécifiques aux activités de massage bien-être.

Comment accueillir les clients en sécurité ? Quels gestes adopter ? Comment organiser les circulations dans un cabinet ? Quelles précautions prendre pour les massages à domicile ou en entreprise ?

Les travaux portent notamment sur le port du masque, les gestes barrières, l’hygiène des locaux, le nettoyage des surfaces et du matériel, l’organisation des rendez-vous et la limitation des contacts.

La FFMBE ne se contente pas de reprendre les consignes générales. Elle invite les praticiens à observer leur environnement professionnel, à analyser leurs pratiques et à formaliser leurs procédures. Cette démarche repose sur trois principes : observer, analyser et formaliser.

Les recommandations sont publiées sur le site de la fédération, enrichies des questions et remarques des professionnels, puis soumises aux pouvoirs publics.

La FFMBE précise toutefois qu’elles ne constituent pas des obligations réglementaires. Elles offrent aux praticiens un cadre méthodologique pour adapter leurs pratiques aux exigences sanitaires.

| Responsabilité professionnelle et assurances : apporter des réponses concrètes

La reprise soulève également des questions juridiques et assurantielles.

Un praticien peut-il être tenu responsable d’une contamination ? Son assurance responsabilité civile professionnelle couvre-t-elle les risques liés au Covid-19 ? Une décharge signée par le client présente-t-elle une quelconque valeur juridique ?

Pour éclairer ces questions, la FFMBE interroge ses assureurs, Gepca et Medinat, et publie une analyse des risques et des responsabilités professionnelles.

Les réponses obtenues sont globalement rassurantes sur le maintien des contrats d’assurance, sans pour autant supprimer toute possibilité de mise en cause de la responsabilité du praticien.

La fédération recommande notamment le respect des directives gouvernementales, l’application de précautions sanitaires adaptées et une information claire des clients.

Cette démarche illustre l’une des fonctions essentielles d’une organisation professionnelle : apporter des repères lorsque les praticiens se retrouvent confrontés à des situations complexes qu’ils ne peuvent résoudre seuls.

| Un accompagnement économique et administratif

Parallèlement, la FFMBE rassemble les informations relatives aux aides gouvernementales, sociales et locales accessibles aux professionnels.

Elle s’appuie notamment sur son partenariat avec l’Union professionnelle au service des micro-entrepreneurs (UPSME), qui permet aux adhérents de bénéficier d’une assistance personnalisée.

La fédération fait ainsi le choix de mobiliser des compétences complémentaires pour répondre aux difficultés économiques et administratives rencontrées par ses membres.

Mai à juillet 2020 : accompagner le déconfinement et soutenir la reprise

Le 11 mai 2020 marque une nouvelle étape. Dans un communiqué, la présidente Muriel Bruneval confirme la possibilité de reprendre les activités de massage bien-être, sous réserve du respect des précautions sanitaires alors applicables.

La fédération poursuit son travail d’information, rappelle les recommandations d’hygiène et accompagne les praticiens dans la réorganisation de leur activité.

Quelques semaines plus tard, une nouvelle communication, intitulée Déconfinement, la FFMBE à votre service, revient sur l’ensemble des actions engagées depuis le début de la crise.

Elle aborde les questions sanitaires, les responsabilités professionnelles, les aides économiques, mais aussi le fonctionnement de la fédération et ses projets.

Car malgré l’urgence, la FFMBE entend poursuivre les chantiers engagés avant la pandémie : lancement de la marque collective France massage, développement d’un catalogue national de formations, refonte du code de déontologie et dématérialisation des procédures administratives.

En juillet 2020, la situation demeure incertaine. La fédération maintient ses recommandations et annonce une consultation de ses adhérents pour mieux comprendre leurs difficultés, leurs perspectives et leurs besoins.

Mais un constat s’impose déjà : les sollicitations adressées aux pouvoirs publics sont restées sans réponse.

La FFMBE mesure alors combien l’absence de reconnaissance institutionnelle de la profession limite sa capacité à obtenir des clarifications adaptées aux métiers du massage.

Covid19 - confinement et massage

Automne 2020 : défendre les praticiens face aux incertitudes du reconfinement

À la fin du mois d’octobre, l’annonce d’un nouveau confinement replonge les professionnels dans l’incertitude.

Les textes réglementaires se succèdent et leur interprétation soulève de nombreuses difficultés. Les praticiens cherchent à savoir s’ils peuvent continuer à exercer en cabinet, au domicile de leurs clients, en entreprise ou en institution.

| Décrypter les textes et interpeller les autorités

La FFMBE publie plusieurs communiqués successifs pour expliquer les dispositions réglementaires et leurs conséquences sur les activités de massage.

Dans un premier temps, certaines possibilités d’intervention à domicile ou en entreprise semblent envisageables sous conditions. La fédération propose même un modèle de courrier à adresser aux préfets, afin que les praticiens puissent demander des clarifications sur leur situation.

Mais les textes évoluent rapidement. Début novembre, les nouvelles dispositions conduisent la fédération à considérer que les massages bien-être ne peuvent plus être pratiqués ni en cabinet ni au domicile des clients.

La FFMBE actualise alors ses informations et rappelle les références réglementaires sur lesquelles repose son analyse.

Cette succession de communiqués témoigne de la complexité de la situation : la fédération doit interpréter des textes généraux, suivre leurs modifications et informer les praticiens dans des délais très courts.

| Une prise de position collective pour défendre la profession

Les restrictions provoquent des interrogations et des désaccords parmi les professionnels. Certains estiment pouvoir poursuivre leur activité en s’appuyant sur différentes interprétations des textes.

Dans un communiqué intitulé Dire le droit et faire ses choix, le président Joël Demasson rappelle la position de la fédération, tout en reconnaissant les difficultés personnelles et économiques auxquelles les praticiens sont confrontés.

La FFMBE souligne que les incertitudes sont directement liées à l’absence de reconnaissance et de réglementation spécifique des métiers du massage.

Elle annonce sa volonté de renouveler ses alertes auprès des pouvoirs publics.

Le communiqué se conclut par une affirmation forte :

« Nous n’en serons pas moins une profession une et unie dans nos revendications. » Au-delà des divergences d’interprétation, la fédération réaffirme ainsi la nécessité d’une représentation collective.

FFMBE : Covid-19 le point sur la situation

2021-2022 : poursuivre l'information et défendre les conditions d'exercice

Les conséquences de la crise sanitaire se prolongent bien au-delà des premiers confinements.

Les professionnels doivent continuer à suivre les évolutions réglementaires, notamment celles relatives au pass sanitaire puis au pass vaccinal.

Le 14 février 2022, la FFMBE publie un nouveau communiqué consacré aux conséquences de la loi du 22 janvier 2022 sur les activités de massage.

Elle précise que les massages bien-être ne sont pas concernés en tant que tels par l’obligation de pass vaccinal, mais que certaines situations d’exercice peuvent y être soumises, notamment lorsque les praticiens interviennent dans des établissements sportifs, des salons, des manifestations ou des lieux de loisirs.

La fédération distingue également les situations d’exercice en cabinet, à domicile ou au sein d’établissements soumis à des règles particulières.

Cette communication illustre la continuité du travail engagé depuis 2020 :

traduire des dispositions générales en informations compréhensibles et directement utiles aux professionnels du massage bien-être.

Avril 2022 : transformer les enseignements de la crise en action pour la reconnaissance professionnelle

La crise sanitaire n’a pas seulement bouleversé les conditions d’exercice du massage bien-être. Elle a révélé les limites de sa représentation auprès des institutions.

Pendant deux ans, la FFMBE a été confrontée à des difficultés récurrentes : absence d’interlocuteur institutionnel clairement identifié, incertitudes sur les statuts professionnels, les codes d’activité, les dispositifs sociaux ou les règles applicables.

Ces difficultés ne sont pas nouvelles, mais la pandémie les a rendues particulièrement visibles.

En avril 2022, la fédération franchit une nouvelle étape en annonçant son adhésion à la Chambre nationale des professions libérales (CNPL).

La CNPL vient alors de créer une branche des métiers du bien-être, réunissant plusieurs organisations professionnelles représentant notamment les naturopathes, sophrologues, réflexologues, praticiens de shiatsu et professionnels du massage.

Pour la FFMBE, cette adhésion répond à une ambition claire :

sortir de l’isolement institutionnel et développer des alliances avec des professions confrontées à des difficultés similaires.

La fédération entend ainsi renforcer sa capacité à dialoguer avec les pouvoirs publics, à participer aux instances de représentation et à défendre un cadre juridique et social plus stable.

L’accompagnement des praticiens pendant la crise débouche ainsi sur une orientation stratégique : renforcer la représentation des métiers du massage au sein des organisations interprofessionnelles.

Une crise révélatrice du rôle et de la nécessité d'une fédération professionnelle

Entre 2020 et 2022, la FFMBE a assumé plusieurs fonctions essentielles auprès des professionnels du massage bien-être.

Elle a informé les praticiens des évolutions réglementaires, élaboré des recommandations sanitaires adaptées à leurs activités, sollicité les assureurs, facilité l’accès aux informations économiques et sociales, interpellé les autorités et défendu les intérêts collectifs de la profession.

Cette mobilisation a reposé sur l’engagement des administrateurs bénévoles, des équipes administratives et des partenaires de la fédération.

Elle n’a pas permis de résoudre toutes les difficultés. Les réponses institutionnelles sont souvent restées insuffisantes, et les incertitudes ont parfois persisté malgré les démarches entreprises.

Mais la crise a confirmé l’importance d’une organisation professionnelle capable de mutualiser les compétences, produire une analyse collective, soutenir ses adhérents et porter leurs préoccupations auprès des institutions.

Elle a également accéléré une prise de conscience : la reconnaissance du massage bien-être ne peut se limiter au droit de pratiquer. Elle suppose aussi une identification professionnelle claire, une représentation effective et un cadre administratif, économique et social adapté.

En ce sens, la crise du Covid-19 constitue une étape importante dans l’histoire de la FFMBE.

Derrière les communiqués, les recommandations et les démarches engagées, c’est une même conviction qui s’affirme : les professionnels du massage bien-être doivent pouvoir compter sur une fédération qui les accompagne au quotidien et défend collectivement leur métier.