Février 2025 : une réforme fiscale qui inquiète les praticiens indépendants
Au début du mois de février 2025, le projet de loi de finances prévoit d’abaisser à 25 000 € le seuil annuel de franchise en base de TVA, alors fixé à 37 500 € pour les prestations de services.
Cette franchise permet aux petites entreprises de ne pas facturer la TVA à leurs clients tant que leur chiffre d’affaires demeure inférieur aux seuils applicables.
Pour les praticiens en massage bien-être, souvent installés sous le régime de la micro-entreprise, la modification envisagée est loin d’être anodine.
Le passage à la TVA peut entraîner une augmentation des prix facturés aux particuliers, une réduction des marges lorsque les tarifs ne peuvent être relevés, ainsi que de nouvelles obligations comptables et déclaratives.
À titre d’exemple, une séance facturée 70 € pourrait passer à 84 € TTC avec l’application d’une TVA de 20 %, si le praticien souhaitait conserver un prix hors taxes de 70 €.
Pour des professionnels dont l’activité repose sur une clientèle locale, sensible au prix des prestations, cette évolution soulève des questions de compétitivité et d’accessibilité du massage bien-être.
La FFMBE alerte rapidement sur les conséquences économiques et administratives d’une réforme susceptible de fragiliser les petites entreprises du secteur.
Dès février : informer les adhérents et organiser la mobilisation
Face à l’annonce de la réforme, la FFMBE engage un important travail d’information.
Elle publie sur son site un dossier consacré à l’abaissement de la franchise en base de TVA, régulièrement actualisé au fil des annonces gouvernementales et des initiatives professionnelles.
Ce dossier explique le fonctionnement de la TVA, les seuils envisagés, les conséquences possibles sur les tarifs et les obligations administratives des praticiens.
Il répond également à des questions concrètes : comment fonctionne la franchise en base ? Quelle différence entre être assujetti et redevable de la TVA ? Quelles démarches seraient nécessaires en cas de dépassement du seuil ?
L’objectif est de permettre aux praticiens de comprendre les enjeux de la réforme et de mesurer ses conséquences sur leur propre activité.
| Des webinaires et des ressources pour comprendre les enjeux
La fédération relaie plusieurs rendez-vous d’information organisés par ses partenaires et les organisations mobilisées.
Des webinaires proposés par la Fédération nationale des auto-entrepreneurs (FNAE), l’Union professionnelle au service des micro-entrepreneurs (UPSME) et la confédération SyndiCARE permettent aux professionnels de mieux comprendre la réforme et de suivre les discussions engagées avec le gouvernement.
La FFMBE met également à disposition des informations pédagogiques sur la TVA et relaie les enquêtes destinées à mesurer les réactions des travailleurs indépendants.
Cette démarche s’inscrit dans la continuité du travail d’accompagnement déjà développé par la fédération :
transformer une actualité réglementaire complexe en informations accessibles et utiles aux professionnels du massage.
Des outils pour interpeller les parlementaires
Mais la FFMBE ne limite pas son action à l’information. Au sein de SyndiCARE et aux côtés des organisations mobilisées, elle encourage les praticiens à participer aux initiatives collectives.
Elle relaie notamment la pétition de la FNAE, qui recueille plus de 150 000 signatures, ainsi que les démarches engagées auprès du Sénat.
Des modèles de courriers destinés aux députés et sénateurs sont mis à disposition pour permettre aux indépendants de présenter leurs préoccupations et de demander une révision de la mesure.
La fédération invite également ses adhérents à prendre contact avec leurs élus, notamment dans leurs permanences parlementaires.
Au-delà de la seule question fiscale, ces échanges représentent une occasion de faire connaître les réalités économiques et professionnelles des métiers du massage bien-être.
Mars 2025 : une mobilisation nationale qui prend de l'ampleur
Face aux nombreuses oppositions, le gouvernement annonce une première suspension de la réforme, dont l’application était initialement prévue au 1er mars 2025.
La nouvelle échéance est fixée au 1er juin. Mais ce report ne signifie pas l’abandon du projet.
Les organisations professionnelles poursuivent leur mobilisation, considérant que les inquiétudes exprimées par les indépendants n’ont pas reçu de réponse suffisante.
Le 25 mars 2025, une journée nationale de manifestations rassemble, selon les chiffres relayés par la FNAE et la FFMBE, près de 3 000 participants dans 15 villes de France.
La FFMBE relaie les appels à manifester et encourage les praticiens à rejoindre ce mouvement collectif. La défense des professionnels du massage bien-être s’inscrit ainsi dans une mobilisation beaucoup plus large, réunissant des travailleurs indépendants de nombreux secteurs d’activité.
Cette dimension interprofessionnelle constitue un élément important de l’action fédérale.
Plutôt que de porter seule une revendication, la FFMBE choisit de contribuer à un mouvement capable de mutualiser les moyens, les compétences et les relais institutionnels.
Avril 2025 : la mobilisation gagne le terrain parlementaire
Au printemps, la contestation se poursuit dans les institutions.
Début avril, plusieurs amendements favorables aux revendications des auto-entrepreneurs sont déposés à l’Assemblée nationale dans le cadre de l’examen du projet de loi de simplification de la vie économique.
Les informations relayées par la FFMBE font état de 12 amendements et de la mobilisation de 184 députés de différentes sensibilités politiques.
Le 9 avril, la commission des finances du Sénat se prononce en faveur du retrait de l’abaissement du seuil à 25 000 €, à la suite de l’examen de la pétition déposée par la FNAE.
Ces évolutions témoignent de l’attention croissante portée aux conséquences de la réforme.
La FFMBE poursuit la diffusion des informations et encourage les praticiens à maintenir le dialogue avec leurs représentants.
| Une nouvelle suspension annoncée fin avril
Le 30 avril 2025, le ministre de l’Économie, Éric Lombard, annonce la suspension de la réforme jusqu’au 31 décembre 2025.
Cette décision marque une étape importante pour les organisations mobilisées.
La FFMBE la présente comme une première victoire pour les travailleurs indépendants, tout en soulignant que la question n’est pas définitivement réglée.
La FNAE poursuit ses appels à la mobilisation, notamment à l’occasion des rassemblements annoncés les 3 et 6 mai, afin de maintenir l’attention des pouvoirs publics sur les revendications des entrepreneurs.
La suspension de la réforme constitue un résultat concret de cette période de mobilisation collective, sans préjuger encore de son issue définitive.
Novembre 2025 : l'abandon de la réforme pour l'année 2025
Après plusieurs mois d’incertitude, une nouvelle étape intervient à l’automne.
La loi du 3 novembre 2025 supprime finalement la réforme qui prévoyait l’instauration d’un seuil unique de franchise en base de TVA à 25 000 € pour l’année 2025. Les seuils applicables avant cette réforme sont maintenus.
Pour les professionnels concernés, cette décision met fin à plusieurs mois d’inquiétudes concernant une modification brutale de leurs conditions fiscales.
Elle constitue également l’aboutissement d’une séquence de contestation associant pétitions, manifestations, interpellations parlementaires, concertations et prises de position d’organisations professionnelles.
La FFMBE a pris part à cette mobilisation, aux côtés de la FNAE, de SyndiCARE, de la CNPL et des autres organisations engagées dans la défense des indépendants.
Son action a notamment consisté à rendre l’information accessible aux praticiens du massage bien-être et à leur donner les moyens de participer à cette démarche collective.
Une mobilisation qui confirme l'importance de la représentation interprofessionnelle
L’épisode de la franchise en base de TVA illustre une évolution importante dans l’histoire de la FFMBE.
Pendant la crise sanitaire de 2020, la fédération avait constaté les difficultés rencontrées par les professionnels du massage pour faire entendre leurs préoccupations auprès des pouvoirs publics (lire l’article « Covid-19 et massage bien-être : comment la FFMBE a défendu et accompagné les praticiens pendant la crise sanitaire« ).
Cette expérience avait contribué à renforcer sa volonté de développer des alliances avec d’autres organisations professionnelles, notamment à travers son adhésion à la Chambre nationale des professions libérales en 2022.
En 2025, la mobilisation contre l’abaissement du seuil de TVA montre concrètement l’intérêt de cette stratégie.
La FFMBE intervient dans un cadre collectif, bénéficie des analyses et des initiatives d’organisations partenaires, relaie leurs actions et mobilise son propre réseau de praticiens.
Ce fonctionnement permet de porter des revendications communes tout en faisant connaître les particularités économiques des métiers du massage bien-être.
Car derrière la question d’un seuil fiscal se pose une problématique plus large : celle des conditions dans lesquelles les professionnels indépendants peuvent créer, développer et pérenniser leur activité.
Défendre les conditions économiques d'exercice du massage bien-être
La reconnaissance d’un métier ne repose pas uniquement sur son droit d’exercice ou sur la qualité de ses formations.
Elle suppose également que les professionnels puissent exercer dans un environnement administratif, fiscal et social adapté à la réalité de leur activité.
L’épisode de la TVA en 2025 rappelle combien les décisions publiques peuvent avoir des conséquences directes sur l’équilibre économique des petites entreprises.
En informant ses adhérents, en relayant les initiatives collectives et en encourageant leur participation aux démarches auprès des élus, la FFMBE a pleinement exercé son rôle d’organisation professionnelle engagée dans la défense des métiers du massage bien-être.
Cette mobilisation s’inscrit dans une histoire plus longue : celle d’une fédération qui accompagne les praticiens dans leur quotidien tout en œuvrant à une meilleure reconnaissance de leur profession.
Défendre le massage bien-être, c’est aussi défendre les conditions qui permettent à celles et ceux qui en font leur métier de vivre durablement de leur activité.