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2022–2024 : un métier existe aussi dans le regard des institutions

Après avoir défendu le droit d'exercer et structuré le métier, la FFMBE engage une nouvelle étape : faire reconnaître les professions du massage auprès des institutions. Entre 2022 et 2024, elle renforce sa représentation, publie son Livre blanc et contribue à l'identification du métier de masseur bien-être par France Travail.
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Vingt-cinq ans de mobilisation pour construire et faire reconnaître une profession

Cet article fait partie d’une série de 4 articles qui retracent 25 années de mobilisation et décriventles grandes étapes de l’histoire de la FFMBE : 

  • 2002–2016 : quand masser pouvait conduire devant les tribunaux
  • 2017–2021 : nous pouvons exercer, mais comment faire reconnaître notre métier ?
  • 2022–2024 : un métier existe aussi dans le regard des institutions
  • 2025–2027 : faire vivre une profession dont la reconnaissance reste à conquérir

On peut exercer une activité depuis des années, avoir des clients, suivre des formations, respecter une déontologie et pourtant rester difficile à identifier dans les dispositifs administratifs. C’est une réalité à laquelle les professionnels du massage bien-être ont longtemps été confrontés.

Comment faire reconnaître une formation lorsque les qualifications du métier ne disposent pas de références nationales suffisamment établies ?

Comment présenter son activité à un conseiller de l’emploi lorsque la nomenclature utilisée ne la décrit pas précisément ?

Comment se faire entendre des pouvoirs publics lorsque les professionnels sont dispersés entre différentes organisations ?

La FFMBE a progressivement construit des réponses à ces questions. Mais au début des années 2020, une évidence s’impose : les outils élaborés pour structurer le métier doivent désormais trouver leur place au-delà du cercle des praticiens.

La crise sanitaire a rendu cette nécessité encore plus visible. Elle a montré combien l’absence de reconnaissance claire pouvait compliquer la situation des professionnels indépendants.

La Fédération décide alors de renforcer sa capacité de représentation.

Elle participe à une démarche interprofessionnelle, fait évoluer ses statuts et entreprend de rassembler ses analyses et ses propositions dans un Livre blanc.

Publié en 2023, ce document marque une nouvelle étape. Il ne s’agit plus seulement de défendre le massage ou d’en définir les compétences, mais de présenter aux institutions un projet argumenté pour son avenir.

En 2024, l’identification du métier de masseur bien-être dans le répertoire ROME de France Travail apporte un premier résultat concret à cette stratégie.

Après avoir construit les références de leur métier, les professionnels cherchent désormais à lui donner une place plus lisible dans la société et dans les institutions.

Quand la crise sanitaire révèle les fragilités d'une profession

Les années 2020 et 2021 ont laissé des traces profondes dans le secteur du massage.

Pendant les confinements, de nombreux praticiens ont dû interrompre leur activité. Pour des professionnels indépendants, cette interruption pouvait signifier la disparition immédiate de leurs revenus.

Mais les difficultés ne se limitaient pas à la fermeture des cabinets. Il fallait comprendre les décisions gouvernementales, déterminer les aides accessibles, interpréter les règles de reprise et identifier les obligations applicables à chaque situation.

Or les praticiens ne relevaient pas tous des mêmes classifications administratives. Selon les cas, leurs activités pouvaient être enregistrées sous des codes différents et rattachées à des catégories professionnelles qui ne correspondaient qu’imparfaitement à la réalité du massage.

Cette diversité compliquait les démarches. Elle révélait surtout une difficulté plus ancienne : le métier existait dans les cabinets, dans les écoles et dans la relation avec les clients, mais il demeurait insuffisamment identifié dans les dispositifs publics.

La clarification juridique de 2016 avait permis de mieux distinguer le massage non thérapeutique de la masso-kinésithérapie.

Le référentiel métier de 2019 avait donné une définition plus précise des compétences professionnelles.

La charte de déontologie de 2021 avait formalisé des engagements communs.

Pourtant, ces avancées ne suffisaient pas à résoudre les questions de statut, de classification, de protection sociale ou de formation. La crise sanitaire a rendu ces difficultés impossibles à ignorer.

Dans son rapport d’activité présenté en 2022, la FFMBE constate que les professions du massage ont peiné à se faire entendre des pouvoirs publics pendant cette période.

Elle identifie également plusieurs sujets sur lesquels les professionnels restent confrontés à des incertitudes : code APE, statut social, régime fiscal, caisse de retraite et financement de la formation.

Ces questions peuvent sembler techniques. Pour un praticien, elles déterminent pourtant des aspects essentiels de son quotidien professionnel. Elles conditionnent les démarches de création d’entreprise, les cotisations, l’accès à certains financements et parfois la compréhension même de son activité par les administrations.

La reconnaissance d’une profession ne se mesure pas seulement à la possibilité de l’exercer. Elle se mesure aussi à la place qu’elle occupe dans les dispositifs qui organisent la vie professionnelle.

C’est cette dimension que la FFMBE décide de placer au cœur de son action.

2022 - Renforcer la représentation professionnelle

La Fédération n’est pas la seule organisation à rencontrer ces difficultés. D’autres professions de l’accompagnement, de la prévention et du bien-être sont confrontées à des problèmes similaires. Le shiatsu, la sophrologie et la réflexologie disposent de leurs propres organisations professionnelles, mais leurs représentants constatent eux aussi les limites de leur visibilité institutionnelle.

Leurs pratiques sont différentes. Leurs formations et leurs champs d’intervention ne se confondent pas. Pourtant, plusieurs questions les rapprochent :

Comment obtenir une classification administrative adaptée ?

Comment faire reconnaître les qualifications professionnelles ?

Comment défendre les intérêts d’activités qui ne relèvent pas des professions de santé réglementées, mais qui ne se reconnaissent pas nécessairement dans les catégories commerciales ou artisanales existantes ?

Comment porter ces demandes auprès des ministères et des organismes publics ?

La FFMBE fait le choix de travailler avec d’autres organisations.

Le 1er janvier 2022 est créée SyndiCARE, une confédération nationale réunissant initialement cinq organisations professionnelles, dont la FFMBE. L’initiative associe également les représentants du shiatsu, de la sophrologie indépendante et de la réflexologie.

Cette démarche marque une évolution importante. Depuis sa création, la Fédération a appris à rassembler les praticiens du massage autour de revendications communes. Elle cherche désormais à construire des alliances avec d’autres professions confrontées à des difficultés comparables.

L’objectif n’est pas de fusionner les métiers ou d’effacer leurs spécificités. Il est de renforcer leur capacité à dialoguer avec les institutions.

Dans le même temps, la FFMBE développe ses relations avec les organisations représentatives des professions libérales, notamment la Confédération nationale des professions libérales (CNPL). Elle s’appuie également sur ses échanges avec l’Union professionnelle des micro-entrepreneurs (UPSME).

Ces rapprochements répondent à un constat simple :

Un praticien isolé dispose de peu de moyens pour faire évoluer les règles qui encadrent son activité.

Une organisation professionnelle peut porter des propositions collectives.

Plusieurs organisations réunies autour d’objectifs communs peuvent espérer être davantage entendues.

La démarche reste militante, mais ses moyens évoluent. Il ne s’agit plus seulement de contester une situation juridique. Il faut désormais connaître les mécanismes institutionnels, participer aux échanges interprofessionnels et formuler des propositions suffisamment précises pour pouvoir être discutées.

Une question de mots, mais aussi de reconnaissance

À mesure que la Fédération développe sa représentation, une question revient régulièrement : comment nommer les professionnels qu’elle représente ?

Pendant longtemps, l’expression « massage bien-être » a joué un rôle essentiel. Elle permettait de distinguer clairement l’activité des praticiens de la masso-kinésithérapie. Dans un contexte de contestation juridique, cette précision était indispensable.

Mais les pratiques ont évolué. Certains professionnels interviennent dans des démarches de prévention ou dans des contextes d’accompagnement de personnes confrontées à des difficultés de santé, sans pour autant réaliser d’actes médicaux ou de rééducation. D’autres développent leur activité auprès de publics spécifiques, dans des établissements ou en complémentarité avec différents acteurs de l’accompagnement.

Ces évolutions conduisent la FFMBE à s’interroger sur son propre périmètre de représentation.

Doit-elle continuer à se définir exclusivement autour du massage bien-être ? Peut-elle représenter plus largement les professions du massage, tout en maintenant une distinction claire avec les actes réservés aux professions de santé ?

La question n’est pas seulement terminologique. Elle engage la manière dont la Fédération envisage l’avenir du secteur.

En 2022, un important travail de réflexion est organisé entre les membres du conseil d’administration, les commissions et les organismes de formation agréés. Les échanges portent sur les objectifs de la Fédération, ses moyens d’action et les évolutions nécessaires de ses statuts. Ils préparent une transformation importante.

2023 - Une Fédération qui élargit son champ d'action

Du 24 février au 3 mars 2023, les adhérents de la FFMBE sont appelés à se prononcer sur une modification des statuts lors d’une assemblée générale extraordinaire organisée en ligne.

Les changements proposés traduisent les réflexions engagées l’année précédente.

Le premier concerne le périmètre professionnel représenté. La Fédération ne se limite plus, dans la formulation de ses statuts, au seul massage bien-être.

Elle choisit de représenter les professions du massage de prévention, d’accompagnement à la santé ou de bien-être.

Cette évolution ne signifie pas que les praticiens seraient autorisés à réaliser des actes relevant des professions de santé réglementées. Elle exprime la volonté de prendre en considération la diversité des contextes dans lesquels le massage peut être proposé, dans le respect des compétences et des limites professionnelles.

Le deuxième changement concerne la représentation syndicale. La FFMBE inscrit explicitement cette mission dans son objet statutaire.

Il s’agit de renforcer sa capacité à défendre les intérêts collectifs des professions du massage auprès des institutions.

La Fédération demeure une association régie par la loi de 1901. Elle ne devient pas, du seul fait de cette modification, une nouvelle structure juridique distincte. Mais elle affirme plus clairement la dimension syndicale de son action.

Le troisième changement concerne la manière de désigner les activités représentées.

La Fédération privilégie désormais le terme « profession » plutôt que celui de « métier ».

Cette évolution est révélatrice de son ambition. Le mot « métier » permet de désigner une activité et des compétences. Le mot « profession » met davantage l’accent sur l’existence d’un collectif organisé, sur les responsabilités de ses membres et sur leur place dans la société.

Enfin, les nouveaux statuts permettent d’élargir les possibilités d’agrément des organismes de formation, notamment pour les actions de spécialisation.

Ils accompagnent également le développement d’un parcours d’intégration destiné aux futurs praticiens agréés.

Ces modifications pourraient sembler essentiellement administratives. Elles témoignent pourtant d’un changement profond.

La FFMBE ne cherche plus seulement à fédérer des praticiens. Elle entend représenter une profession, défendre ses intérêts et participer à la construction de son cadre d’exercice.

Cette ambition va trouver une traduction particulièrement visible dans le Livre blanc publié quelques mois plus tard.

2023 - Un Livre blanc pour passer des revendications aux propositions

Pendant des années, la Fédération a produit des documents pour expliquer le massage bien-être, défendre son droit d’exercice ou formaliser ses compétences. Mais la reconnaissance professionnelle suppose désormais de présenter une vision d’ensemble.

Quels sont les problèmes qui freinent le développement des professions du massage ?

Quelles évolutions seraient nécessaires pour clarifier leur situation ?

Quelles exigences de formation et de déontologie pourraient accompagner leur reconnaissance ?

Comment mieux articuler ces professions avec les politiques de prévention et d’accompagnement à la santé ?

Pour répondre à ces questions, la FFMBE entreprend la rédaction d’un Livre blanc.

Le document est élaboré à partir des travaux de la Fédération et des contributions de ses différentes instances. Il vise à dépasser la simple présentation de difficultés. Il s’agit de formuler des propositions concrètes, susceptibles d’être discutées avec les pouvoirs publics et les partenaires institutionnels.

Publié à l’automne 2023, le Livre blanc pour la reconnaissance et l’encadrement des professions du massage rassemble seize propositions.

Elles concernent notamment la classification administrative des activités, leur régime social et fiscal, la formation professionnelle, la déontologie, la recherche et les conditions d’une reconnaissance institutionnelle.

Le document défend une conception exigeante de la professionnalisation.

Il propose notamment un socle de formation de 300 heures pour l’exercice professionnel du massage.

Il envisage également la création d’une profession de massothérapeute, associée à un parcours de formation beaucoup plus long, de 1 300 heures.

Ces propositions ne constituent pas des obligations légales. Elles expriment les orientations que la Fédération souhaite soumettre au débat.

Cette distinction est essentielle. Le Livre blanc ne décrit pas une profession déjà reconnue dans toutes ses dimensions. Il présente les conditions dans lesquelles cette reconnaissance pourrait progresser. Son intérêt réside précisément dans cette ambition.

La FFMBE ne se contente plus de demander aux institutions de prendre en considération les professionnels du massage. Elle leur propose une réflexion structurée sur les moyens d’organiser et d’encadrer leur activité.

Reconnaître les compétences sans enfermer les pratiques

La question de la formation occupe une place importante dans cette démarche. Elle touche à une difficulté ancienne. Les praticiens viennent d’horizons variés et se forment auprès d’établissements qui proposent des cursus différents.

Cette diversité a contribué au développement du massage professionnel en France. Mais elle complique la reconnaissance des qualifications.

Comment comparer des formations qui ne reposent pas sur les mêmes référentiels ? 

Comment permettre à un futur praticien d’identifier un parcours véritablement professionnalisant ?

Comment faciliter la reconnaissance des compétences auprès des organismes chargés de l’emploi et de la formation ?

La FFMBE travaille depuis plusieurs années sur ces questions. Le référentiel métier de 2019 a permis de décrire les compétences nécessaires à l’exercice. Les organismes de formation agréés ont développé des exigences communes. La Commission nationale des équivalences a commencé à examiner les parcours atypiques.

Le Livre blanc propose de franchir une nouvelle étape. Il défend la reconnaissance de formations inscrites dans les dispositifs nationaux de certification professionnelle.

Il envisage également la création d’un parcours long permettant d’approfondir les compétences dans les domaines de la prévention et de l’accompagnement à la santé.

Ces propositions suscitent naturellement des interrogations.

Faut-il privilégier une formation initiale commune ou reconnaître plusieurs parcours ? 

Comment articuler les formations techniques, les connaissances théoriques et l’expérience professionnelle ?

Comment renforcer les exigences sans rendre l’accès au métier inutilement complexe ?

La Fédération doit avancer sur une ligne de crête. Elle souhaite défendre la diversité des pratiques tout en affirmant que l’exercice professionnel du massage nécessite une formation sérieuse.

Ce débat dépasse largement la seule question du nombre d’heures. Il porte sur la qualité des compétences, la responsabilité envers les personnes massées et la crédibilité de la profession.

La reconnaissance ne peut pas être uniquement revendiquée. Elle suppose aussi de définir les exigences que les professionnels sont prêts à partager.

Des rencontres pour faire vivre le collectif

La période 2022–2024 est également marquée par la reprise et le développement des rencontres entre adhérents. En 2022, les professionnels se retrouvent à Avignon (voir l’image à la une de cet article). En 2023, la rencontre nationale se tient à Paris. En 2024, elle est organisée à Bordeaux.

Ces rendez-vous ne constituent pas de simples moments de convivialité. Ils permettent aux praticiens de sortir de l’isolement de leur activité quotidienne, de rencontrer d’autres professionnels et d’échanger sur leurs pratiques.

Ils donnent également aux responsables fédéraux l’occasion de présenter les projets en cours, d’écouter les attentes des adhérents et de confronter les orientations nationales aux réalités du terrain.

Pour une profession composée en grande partie d’indépendants, cette dimension est importante. Les praticiens exercent souvent seuls. Ils ne disposent pas toujours d’une équipe avec laquelle partager leurs difficultés, leurs interrogations ou leurs expériences.

Une fédération peut leur apporter des outils et des services. Elle peut aussi leur permettre de se reconnaître dans un collectif professionnel. Les rencontres nationales participent à cette construction.

Elles rappellent que la reconnaissance ne se joue pas uniquement dans les ministères ou les commissions. Elle se nourrit également des échanges entre les personnes qui font vivre le métier au quotidien.

2024 - Le métier de masseur bien-être entre dans le répertoire ROME

Parmi les difficultés identifiées par la Fédération, l’absence d’une fiche métier clairement consacrée au massage bien-être dans le répertoire ROME occupe une place particulière.

Le Répertoire opérationnel des métiers et des emplois, utilisé par France Travail, constitue un outil de référence pour décrire les activités professionnelles et les compétences associées.

Il sert notamment à informer les personnes en recherche d’emploi ou en reconversion, à rapprocher les offres et les candidatures et à identifier des parcours professionnels.

Pour un métier qui n’y figure pas clairement, les conséquences sont concrètes.

⇒ Une personne souhaitant se reconvertir dans le massage bien-être peut rencontrer des difficultés à présenter son projet.

⇒ Un conseiller peut manquer de références pour comprendre les compétences nécessaires ou les débouchés possibles.

⇒ Un organisme de formation peut peiner à inscrire son offre dans un environnement professionnel suffisamment identifié.

Dans son rapport présenté à l’assemblée générale de juin 2024, la FFMBE évoque directement cette situation.

Le document souligne qu’en l’absence de référencement dans le ROME, un conseiller France Travail peut avoir des difficultés à considérer le massage bien-être comme une profession clairement identifiée.

Cette observation résume l’un des paradoxes que la Fédération cherche à résoudre depuis plusieurs années.

Des praticiens exercent, des écoles forment, des clients sollicitent des prestations. Mais les outils institutionnels ne rendent pas toujours compte de cette réalité.

La FFMBE engage donc des démarches pour obtenir la création d’une fiche consacrée au métier de masseur ou masseuse bien-être. En novembre 2024, cette identification devient effective dans le répertoire de France Travail.

L’avancée peut paraître modeste au regard des ambitions du Livre blanc. Elle est pourtant importante.

Elle permet au métier d’être décrit et identifié dans un outil national utilisé par les professionnels de l’emploi et de l’orientation.

Elle facilite sa visibilité auprès des personnes qui envisagent d’en faire leur activité. Elle constitue également une référence supplémentaire dans les échanges avec les institutions.

Il faut toutefois en préciser la portée. L’inscription dans le ROME ne crée pas une profession réglementée et ne constitue pas une reconnaissance officielle d’un diplôme.

Elle représente une étape dans l’identification du métier, non l’aboutissement de l’ensemble des revendications professionnelles. C’est précisément ce qui en fait un jalon significatif.

La reconnaissance progresse souvent par étapes, à travers des décisions dont la portée peut sembler limitée, mais qui contribuent à rendre la profession plus visible et plus lisible.

Préparer les références de demain

À la fin de l’année 2024, la FFMBE poursuit plusieurs projets engagés dans le prolongement du Livre blanc.

La formation professionnelle reste au cœur des travaux. Un groupe réfléchit notamment à la création d’un parcours long en massage d’accompagnement à la santé et de bien-être. Le projet vise à approfondir les compétences et à proposer une formation plus structurée pour certains champs d’intervention.

Parallèlement, la Fédération prépare une démarche de normalisation avec l’AFNOR. L’objectif est de contribuer à l’élaboration de références communes concernant la qualité de service dans les professions du massage.

Il ne s’agit pas de transformer toutes les pratiques en une méthode unique.

La démarche vise à identifier des exigences professionnelles pouvant être partagées, indépendamment des techniques employées.

Elle doit également permettre de mieux informer le public sur ce qu’il peut attendre d’une prestation de massage réalisée dans un cadre professionnel.

En 2024, ce projet se trouve encore dans sa phase préparatoire. Son financement est réuni et les premières conditions de travail sont organisées. Les travaux de normalisation proprement dits seront engagés l’année suivante.

Cette initiative prolonge les orientations défendues depuis plusieurs années. Après le référentiel métier et le code de déontologie, la Fédération souhaite contribuer à la construction de références de qualité susceptibles d’être discutées à l’échelle nationale.

Mais cette démarche soulève aussi de nouvelles questions.

Comment définir des exigences communes sans réduire la diversité des pratiques ?

Comment préciser les frontières professionnelles sans reproduire les confusions juridiques du passé ?

Comment faire reconnaître une activité non réglementée dans un environnement où d’autres professions disposent de cadres institutionnels plus anciens et plus établis ?

Ces interrogations vont prendre une importance particulière à partir de 2025.

Faire reconnaître une profession : un travail de longue haleine

Entre 2022 et 2024, la FFMBE a franchi plusieurs étapes importantes.

⇒ Elle a renforcé ses relations avec d’autres organisations professionnelles.

⇒ Elle a fait évoluer ses statuts pour affirmer plus clairement sa mission de représentation.

⇒ Elle a publié un Livre blanc proposant une vision d’ensemble de la reconnaissance et de l’encadrement des professions du massage.

⇒ Elle a contribué à faire identifier le métier de masseur bien-être dans le répertoire ROME de France Travail.

⇒ Elle a également préparé de nouveaux travaux sur la formation et la qualité des prestations.

Ces avancées ne constituent pas une reconnaissance complète et définitive. Les questions de classification administrative, de statut professionnel, de certification des formations et de délimitation des champs d’intervention restent ouvertes. Mais la manière de porter les revendications a profondément évolué.

Au début des années 2000, les praticiens se mobilisaient pour défendre leur droit d’exercer. Vingt ans plus tard, ils disposent d’une fédération capable de produire des référentiels, de formuler des propositions, de travailler avec d’autres organisations et de dialoguer avec les institutions.

Ce cheminement témoigne d’une transformation importante.

La profession ne demande plus seulement qu’on lui laisse une place. Elle cherche à participer à la définition de cette place.

Cette ambition ne signifie pas que les oppositions ont disparu. Elle ne garantit pas davantage que toutes les propositions aboutiront. Mais elle permet d’aborder les débats avec des arguments, des références et une expérience collective accumulée au fil des années.

À partir de 2025, la FFMBE va chercher à donner une nouvelle dimension à ce travail. Les projets de normalisation, la mobilisation nationale des praticiens et le développement de délégations territoriales doivent contribuer à renforcer la qualité, la visibilité et l’organisation de la profession.

Les difficultés rencontrées dans les démarches de reconnaissance rappelleront cependant une réalité :

même après vingt ans d’engagement, les acquis professionnels restent à défendre.

C’est le fil conducteur de la période suivante.