En 2014, la FFMBE faisait réaliser par Harris Interactive une première étude sur le rapport des Français à la relaxation et au massage bien-être. Dix ans plus tard, une nouvelle enquête menée par la Fédération permet de porter un regard actualisé sur les pratiques, les motivations et les freins liés au massage. Que nous disent ces deux photographies prises à dix ans d’intervalle ?
En 2014, la Fédération française de massages bien-être souhaitait mieux comprendre la place de la relaxation dans la vie des Français et la perception qu’ils avaient du massage bien-être. Elle confiait alors cette étude à Harris Interactive. Réalisée en novembre 2014 auprès d’un échantillon représentatif de 1002 personnes âgées de 18 ans et plus, elle mettait notamment en évidence un paradoxe : les bénéfices potentiels du massage étaient très largement reconnus, alors même que le massage occupait encore une place relativement modeste parmi les pratiques de relaxation.
>>> Lire l’article « La perception du massage bien-être par les français »
Dix ans plus tard, la FFMBE a souhaité revenir sur ces questions. Entre janvier 2025 et mai 2026, 2068 personnes ont répondu à une nouvelle enquête consacrée à leurs pratiques de relaxation et de massage bien-être.
Deux enquêtes, mais deux méthodologies différentes
Avant de comparer leurs résultats, une précision est indispensable :
- L’enquête Harris Interactive de 2014 reposait sur un échantillon représentatif de la population française adulte, constitué selon la méthode des quotas et redressé selon le sexe, l’âge, la catégorie socioprofessionnelle et la région d’habitation. Enquête 2015 Haris Interractive
- L’enquête FFMBE 2025-2026 repose, elle, sur les réponses recueillies directement par la Fédération. Son échantillon est plus important, mais sa composition n’est pas représentative de l’ensemble de la population française : 82% des répondants sont des femmes, 85% ont entre 30 et 64 ans et certaines catégories socioprofessionnelles y sont fortement représentées.
Il serait donc incorrect de comparer mécaniquement les pourcentages obtenus en 2014 et en 2025-2026. En revanche, la mise en regard des deux enquêtes permet de faire apparaître des tendances, des permanences et de nouvelles informations sur la manière dont le massage bien-être trouve aujourd’hui sa place dans les pratiques de détente.
En 2014, les bénéfices du massage étaient déjà largement reconnus
L’un des principaux enseignements de l’étude Harris Interactive était la perception très positive du massage bien-être réalisé par un professionnel :
- 82% des Français considéraient qu’un massage bien-être régulier pourrait les aider à se sentir mieux dans leur corps.
- 75% estimaient qu’il pourrait leur permettre d’être moins stressés.
Ils étaient également 63% à lui associer la possibilité d’être moins déprimés et 59% à considérer qu’il pourrait contribuer au sentiment de se maintenir en bonne santé.
La reconnaissance du massage ne date donc pas d’aujourd’hui. Il y a dix ans déjà, une large majorité des personnes interrogées lui associait des effets positifs sur le bien-être physique et psychique.
Pourtant, cette bonne image ne se traduisait pas encore par une place équivalente dans les habitudes de relaxation.
En 2014, seulement 4% citaient le massage pour se relaxer
Lorsqu’on demandait aux Français quelles activités ils privilégiaient pour se détendre, les réponses étaient très différentes.
La lecture arrivait en tête avec 34%, suivie de la télévision (31%) et de la sieste (30%). La marche recueillait 21% des réponses et le sport 13%.
Le massage bien-être n’était cité que par 4% des personnes interrogées parmi leurs activités privilégiées pour se relaxer.
Le contraste est intéressant : le massage était déjà reconnu pour ses bénéfices, sans être encore une pratique de détente privilégiée par une part importante de la population.
Dix ans plus tard, la nouvelle enquête dessine un paysage sensiblement différent.
En 2025-2026, le massage occupe une place beaucoup plus visible
Dans l’enquête FFMBE, le massage arrive désormais en troisième position des activités principales de détente citées par les répondants.
La lecture représente 14,43% des réponses, le sport 14,39% et le massage 13,90%. Viennent ensuite les sorties dans la nature (12,20 %) et la sieste (11,25 %).
Ces chiffres ne peuvent pas être directement opposés aux 4% de 2014, puisque la population interrogée et le questionnaire diffèrent. Ils montrent néanmoins que, parmi les personnes ayant répondu à la nouvelle enquête, le massage fait pleinement partie des pratiques identifiées pour se détendre et se ressourcer.
L’enquête relève par ailleurs que le recours aux services d’un professionnel du massage bien-être est déclaré en progression de 13,2% par rapport à dix ans auparavant.
Détente, tensions, lâcher-prise : pourquoi se fait-on masser ?
La nouvelle enquête permet d’aller plus loin dans la compréhension des motivations.
La détente arrive en première position, avec 21,2% des réponses. Elle est immédiatement suivie par les tensions musculaires, citées à 20%, puis par le lâcher-prise, à 15,6%.
Le plaisir représente 11,1% des réponses et la recherche de mieux-être 9,6%.
Ces résultats montrent une articulation intéressante entre différentes attentes. Se faire masser, c’est bien sûr rechercher un moment de détente et prendre du temps pour soi. Mais la dimension corporelle est tout aussi présente : les tensions musculaires constituent presque autant une motivation que la détente elle-même.
Le massage bien-être apparaît ainsi à la rencontre du corps et du ressourcement : relâcher les tensions, ralentir, lâcher prise, éprouver du plaisir et rechercher un mieux-être.
Cette diversité des motivations correspond aussi à la diversité des pratiques aujourd’hui connues du public.
Une connaissance diversifiée des pratiques de massage
L’enquête 2025-2026 montre en effet que les répondants connaissent différentes formes de massage.
Le massage bien-être ou de détente, la réflexologie et le massage à l’huile figurent parmi les catégories les plus citées. Mais les répondants mentionnent également les massages traditionnels, les massages du visage et du crâne, l’acupression, les massages musculaires ou encore les massages habillés.
Le paysage du massage apparaît donc plus diversifié qu’une représentation réduite au seul « massage détente ».
Une pratique encore relativement occasionnelle
La progression du massage dans les pratiques de bien-être ne signifie toutefois pas qu’il soit devenu une habitude fréquente.
Parmi les répondants à l’enquête, 33,76% se font masser une fois par an et 29,04% environ quatre fois par an. Ils sont 14,39% à y recourir une fois tous les deux mois et 15,92% une fois par mois. Les fréquences plus élevées restent minoritaires.
Le massage semble donc davantage installé dans les habitudes, mais demeure pour beaucoup une pratique ponctuelle plutôt qu’un rendez-vous régulier.
Et l’explication apparaît assez clairement lorsqu’on interroge les freins.
Le coût reste de très loin le premier frein
56,3% des répondants citent le coût comme principal obstacle au recours au massage.
Le manque de temps arrive loin derrière, avec 30,4%.
La pudeur, la méconnaissance ou les autres raisons recueillent des proportions beaucoup plus faibles.
Ce résultat mérite une attention particulière. Il suggère que le principal obstacle n’est plus nécessairement la connaissance ou l’acceptation du massage : il est d’abord économique.
L’enjeu pour le secteur est donc double : continuer à faire connaître les bénéfices et le professionnalisme du massage bien-être, tout en prenant en compte les questions d’accessibilité qui peuvent limiter sa fréquence.
Comment choisit-on son professionnel ?
La nouvelle enquête apporte enfin un enseignement particulièrement intéressant pour la profession.
Lorsqu’il s’agit de choisir un praticien ou une praticienne, l’expérience professionnelle arrive en première position, devant la qualité relationnelle puis la technique proposée.
Et dans les critères plus pratiques de choix, la proximité arrive en tête, suivie du bouche-à-oreille et de la facilité de prise de rendez-vous.
Autrement dit, le choix d’un professionnel ne repose pas uniquement sur la technique de massage proposée. L’expérience, la relation de confiance, l’accessibilité géographique et la recommandation jouent également un rôle essentiel.
Pour la FFMBE, ces résultats confortent l’importance d’une profession clairement identifiable, structurée autour de compétences, de règles professionnelles et d’engagements déontologiques lisibles par le public.
Dix ans après : du massage reconnu au massage davantage pratiqué ?
C’est probablement le principal enseignement que l’on peut tirer de la mise en perspective de ces deux enquêtes :
- En 2014, le massage bien-être bénéficiait déjà d’une forte reconnaissance de ses bénéfices potentiels. Plus de huit Français sur dix lui associaient la possibilité de se sentir mieux dans leur corps et trois sur quatre celle d’être moins stressés. Pourtant, seuls 4% le citaient alors comme activité privilégiée de relaxation.
- Dix ans plus tard, l’enquête FFMBE montre, auprès de ses répondants, un massage beaucoup plus présent dans l’univers des pratiques de détente, puisqu’il arrive au troisième rang des activités citées.
Il serait méthodologiquement abusif d’en déduire que sa pratique a été multipliée par trois ou quatre en dix ans. Mais les résultats permettent de constater que le massage bien-être s’inscrit aujourd’hui de façon beaucoup plus visible dans les pratiques et les représentations liées au mieux-être.
La détente reste sa première motivation. Mais elle s’accompagne désormais très clairement d’attentes liées au corps, au relâchement des tensions, au lâcher-prise et au ressourcement.
Une évolution qui renforce également la nécessité de permettre au public d’identifier des professionnels qualifiés et de mieux comprendre leur champ d’intervention.
Étude Harris Interactive 2014
Enquête réalisée en ligne du 4 au 6 novembre 2014 pour la FFMBE auprès d’un échantillon de 1 002 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement selon le sexe, l’âge, la catégorie socioprofessionnelle et la région d’habitation.
Enquête FFMBE 2025-2026
Enquête menée par la FFMBE de janvier 2025 à mai 2026 auprès de 2 068 répondants, dont 82 % de femmes et 18 % d’hommes.