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Le réseau cérébral par défaut et le massage-bien-être

L’apport de l’imagerie cérébrale fonctionnelle se révèle particulièrement précieux lorsqu’il s’agit d’explorer les différentes dynamiques du cerveau.

Le réseau cérébral par défaut et le massage-bien-être

L’apport de l’imagerie cérébrale fonctionnelle se révèle particulièrement précieux lorsqu’il s’agit d’explorer les différentes dynamiques du cerveau. La neurologie s’est depuis longtemps tournée vers l’étude des effets de la concentration et de l’action sur le cerveau ; aujourd’hui quelques membres éminents du monde scientifique s’intéressent à l’espace cérébral lorsqu’il n’est pas focalisé sur une action ou un but à atteindre, notamment lorsque l’esprit vagabonde ou lorsque le corps se relaxe. Et, surprise… près de 80 % de l’énergie consommée quotidiennement est affectée au « réseau cérébral par défaut », c’est-à-dire précisément lorsque rien ne se passe en termes d’actions, de réalisations visibles et tangibles.

Qu’appelle-t-on le réseau cérébral par défaut ?

Il s’agit d’un ensemble de connexions parcourant plusieurs régions cérébrales clairement identifiées aujourd’hui, qui s’activent spontanément lorsque le sujet n’est pas engagé dans une activité cognitive avec un but précis. Le réseau cérébral par défaut se mobilise lorsque le sujet ne fait rien, lorsqu’il ferme les yeux, lorsque l’attention devient diffuse, lorsque la contrainte extérieure diminue.

Fort de ce constat plus qu’étonnant, pour de nombreux chercheurs et scientifiques, l’activité cérébrale au repos devient depuis quelques années un axe d’investigation privilégié.

Le réseau cérébral par défaut est constitué principalement par le cortex cingulaire antérieur ventral, le cortex préfrontal médian et dorsolatéral, le précuneus et le cortex cingulaire postérieur. Ces zones cérébrales s’activent dès les prémisses d’un sommeil léger, lors d’une pensée flottante, réceptive, d’un état méditatif ou lors d’une relaxation corporelle telle que peut offrir le massage-bien-être.

Quel serait son rôle ?

Selon des hypothèses déjà solidement corroborées3, il permettrait une démarche introspective, soutiendrait une réflexion tournée vers soi, et favoriserait une activité intérieure liée à ce mode de pensée. Une autre ressource émanant de ce réseau cérébral apparaît : une capacité de veille propre à relever ce qui serait de l’ordre du possible, de l’ouverture, de l’innovation et de la créativité.

Dès 1995, Andreasen et son équipe, pionniers en la matière, ont précisé que non seulement le réseau cérébral par défaut engage le sujet dans un processus de questionnement intérieur, de visionnage de souvenirs, mais plus encore vers des simulations mentales propices à des projections et des planifications vers le futur.

Élaborer et imaginer des situations alternatives relèvent de ce réseau cérébral. D’autres chercheurs, Schilbach puis Spreng, men tionnent de leur côté un lien entre ce réseau et les facultés sociales naturelles de l’homme et ses différents niveaux de conscience. Le caractère innovant de ces travaux et les conclusions provisoires mais déjà extrêmement encourageantes auxquelles arrivent de nombreux chercheurs laissent augurer de belles surprises dans les années à venir !

Pour les massages-bien-être, ce sont des perspectives très favorables, qui vont bien au-delà de la seule détente corporelle de confort. Qu’ils agissent, via le réseau cérébral par défaut, sur l’amélioration des capacités d’adaptation, sur la qualité des liens sociaux et des activités introspectives, des simulations mentales orientées sur le présent, le futur, sur le vieillissement psychique et les capacités de ressourcement et de récupération, cela semble aujourd’hui largement confirmé.

Source

Par  Roger DAULIN/ paru dans La Massagère / Numéro 16 / 2014.

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