Émergence d’un métier sur fond de demande sociétale

Le massage bien-être répond à un véritable besoin, mais demeure ignoré des pouvoirs publics. Il peine à prendre la place sociétale qui lui revient. La FFMBE oeuvre pour sa reconnaissance et sa promotion.

De par le monde, à l’exception de la France, les massages bien-être font partie d’une vision systémique de la santé. Ces massages, dont les origines se perdent dans la nuit des temps, sont associés à une nécessité de soins corporels et de santé globale considérant l’être dans toutes ses dimensions physiques, affectives et émotionnelles, psychiques et spirituelles. Les protocoles de massage sont définis selon certaines caractéristiques propres à un corpus de connaissances issu de médecines traditionnelles et populaires ; celles-ci étant reconnues et encouragées par l’Organisation mondiale de la santé. Tel qu’en Inde avec les massages ayurvédiques, en Chine avec le tuina ou encore au Japon avec le amma
ou le shiatsu.
Historiquement, en Occident, les soins du corps étaient très prisés des clients des thermes grecs et romains. Ils répondaient initialement à un besoin d’hygiène, de repos de l’esprit et de récupération musculaire avant d’être interdits et disparaître pour des raisons morales, les thermes devenant des lieux de débauche. Le massage restera depuis lors, tout au moins en Occident, fantasmé et lié à la prostitution.

Cet art du toucher, perdure dans la culture du hammam où il est associé à un certain exotisme ou dépaysement. Puis réapparaît au 18e et 19e siècle, en Suède, avec les massages suédois et le renouveau des thermes.

hammam - oriental - histoire du massage bien-être

La (regrettable) spécificité française

En France, les premiers massages professionnels furent réalisés exclusivement par des hommes, dans le cadre des soins infirmiers et de l’activité gymnastique sportive. La réunification de leurs syndicats respectifs, celui des masseurs médicaux et celui des gymnastes médicaux donne naissance à la masso-kinésithérapie en 1946 avec la création du diplôme d’État.
Pensant détenir le monopole du mot «massage», certains représentants de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes ont menacé et intenté des procès tant aux esthéticiennes qu’aux praticiens en massages bien-être. Dans le conflit corporatiste initié par l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes, les syndicats d’esthéticien·ne·s, avaient obtenu par décret en 2004 le droit de faire du massage superficiel et à visée esthétique sous le nom de modelage.
La FFMBE a, depuis toujours, soutenu l’idée que le massage, tradition millénaire et universelle, est un droit inaliénable et que toute personne puisse recevoir le massage de son choix. Cependant, et malgré des avancées juridiques, le massage bien-être demeure ignoré des pouvoirs publics et les institutions de santé.

Rôle historique de la FFMBE

La FFMBE a été officiellement créée le 12 octobre 2004, sous forme d’association loi 1901, mais un collectif de défense existait déjà, depuis le 29 mars 2002, sous la dénomination d’Association de soutien au massage bien-être. Il s’agissait alors de défendre, face à la menace d’exercice illégale de la masso-kinésithérapie, la possibilité de donner et recevoir un massage qui ne soit pas médicalisé ou instrumentalisé. Une pétition lancée en 2009 auprès du public a permis de récolter, sous format papier et électronique via le site agir-massages-bien-etre.org, plus de 10000 signatures en faveur du massage bien-être. 

Ce chiffre important pour l’époque exprime la réalité d’un besoin et d’une attente de la société française pour les massages bienêtre et leurs bienfaits. Parallèlement à l’émergence de ce nouveau métier, les rendus de justice nous ont été favorables.

De 2002 à 2010, diverses jurisprudences déboutent l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes dans des procès intentés à des praticiens.

C’est ainsi que face à la tentative de monopolisation du terme massage, diverses jurisprudences, de 2002 à 2010, ont débouté l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes dans des procès intentés à des praticiens. Le bilan des actions de la FFMBE est positif et encourageant. La FFMBE est la première et la seule fédération à s’être donnée comme mission de structurer les parcours de formation répondant à des exigences de qualité et d’apporter une garantie à l’exercice de la profession de masseur bien-être signataire d’un code de déontologie. Elle est la première fédération de massages bien-être regroupant des professionnels et des usagers. Elle est à l’origine de toute la terminologie autour du «massage bien-être» et de sa définition au regard de la législation française et des professions réglementées.

La FFMBE est la seule association cherchant à structurer des parcours de formation répondant à des exigences de qualité

La FFMBE a très tôt délimité le massage bien-être comme un service à la personne «visant à une meilleure hygiène de vie, à la tranquillité du corps et de l’esprit, à l’équilibre global et à l’épanouissement personnel dans une unité retrouvée» (première définition du massage bien-être, FFMBE, 2010). Ses actions pour la reconnaissance du métier ont commencé par une démarche de référencement d’un titre inscrit au Répertoire national de la certification professionnelle (RNCP).

La FFMBE a porté ce dossier à deux reprises. Les difficultés rencontrées l’ont poussé à interpeller le Gouvernement par le moyen d’une question écrite à l’ensemble des députés et sénateurs. Ceci a abouti à une clarification décisive : la réponse est publiée au Journal officiel de l’Assemblée nationale du 1er novembre 2016. Elle rend légale la pratique du massage bien-être. En 2017, La FFMBE a adopté une nouvelle définition du massage bien-être: «Le massage bien-être est un accompagnement personnalisé, par le toucher, utilisant un ensemble de techniques manuelles pour favoriser, entretenir et optimiser le bien-être global du client. Il est réalisé par un professionnel agréé FFMBE et respectant son code de déontologie et le cadre juridique français. »

En 2018, la FFMBE termine l’écriture d’un référentiel métier & compétences, qui servira de base pour un nouveau chantier : un référentiel de formation partagé par l’ensemble des organismes de formation professionnelle agréés FFMBE.

La FFMBE est aujourd’hui légitimement l’acteur majeur et incontournable de la profession. L’agrément FFMBE est le label qualité de référence.

Et depuis ...

Source

Livret d’accueil, page 7-9

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