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Le son influence-t-il nos cellules ? Une étude de l’Université de Kyoto ouvre de nouvelles perspectives pour les soins non invasifs

Une étude de l’Université de Kyoto montre que le son influence directement les cellules humaines et l’expression génétique, ouvrant des perspectives pour des soins non invasifs.

Référence de l’étude

En 2025, une équipe de chercheurs de l’Université de Kyoto (Japon) a publié dans la revue Communications Biology une étude intitulée :
« Acoustic modulation of mechanosensitive genes and adipocyte differentiation ».

👉 Source : https://www.kyoto-u.ac.jp/en/research-news/2025-04-17

Contexte et objectif de la recherche

S’appuyant sur des travaux antérieurs menés en 2018, cette équipe de recherche, dirigée par Masahiro Kumeta, s’est intéressée à un champ encore peu exploré : la capacité des cellules humaines à percevoir et à réagir aux ondes sonores, y compris dans la gamme audible.

Inspirés par la mécanobiologie et par les recherches sur la conduction sonore corporelle — c’est-à-dire la propagation des vibrations sonores dans les tissus du corps — les chercheurs ont émis l’hypothèse que la pression acoustique générée par le son pourrait, à elle seule, suffire à déclencher des réponses cellulaires.

Méthodologie expérimentale

Afin d’étudier l’effet du son sur l’activité cellulaire, les chercheurs ont conçu un dispositif expérimental innovant permettant d’exposer des cellules en culture à des ondes acoustiques contrôlées.

Un transducteur de vibrations a été fixé à l’envers sur une étagère, relié à un lecteur audio numérique et à un amplificateur. Les signaux sonores étaient transmis via ce transducteur vers un diaphragme fixé à une boîte de culture cellulaire, permettant d’exposer les cellules à une pression acoustique correspondant à des sons physiologiques.

Comme l’explique Masahiro Kumeta, auteur principal de l’étude :

« Afin d’étudier l’effet du son sur l’activité cellulaire, nous avons conçu un système permettant d’exposer des cellules en culture à des ondes acoustiques. »

Analyse des résultats

À l’issue de l’exposition sonore, les chercheurs ont analysé les réponses cellulaires à l’aide de plusieurs outils scientifiques :

  • séquençage de l’ARN,

  • microscopie,

  • analyses fonctionnelles complémentaires.

Les résultats ont mis en évidence que les cellules humaines réagissent à la stimulation acoustique dans la gamme audible.

Parmi les observations majeures :

  • l’identification d’environ 190 gènes mécanosensibles influencés par le son,

  • une modification de l’adhérence cellulaire,

  • la mise en évidence de mécanismes subcellulaires de transmission des signaux sonores.

Un impact notable sur la différenciation cellulaire

L’un des résultats les plus marquants concerne l’effet du son sur la différenciation des adipocytes. Les chercheurs ont observé une suppression significative du processus par lequel les préadipocytes se transforment en cellules graisseuses.

Cette découverte ouvre la voie à l’utilisation de la stimulation acoustique pour moduler l’état des cellules et des tissus, avec des implications potentielles dans plusieurs domaines de la santé.

Une approche non invasive aux perspectives prometteuses

Le caractère immatériel du son fait de la stimulation acoustique un outil :

  • non invasif,

  • sûr,

  • immédiat.

Comme le souligne Masahiro Kumeta :

« Le son étant immatériel, la stimulation acoustique est un outil non invasif, sûr et immédiat, qui devrait apporter des bienfaits considérables à la médecine et aux soins de santé. »

Une nouvelle vision de la perception sonore

Au-delà de ses résultats biologiques, cette étude remet en question la conception traditionnelle de la perception sonore, longtemps attribuée uniquement à des organes spécialisés comme l’oreille et le cerveau.

Les chercheurs démontrent que, à un niveau fondamental, les cellules humaines elles-mêmes sont capables de percevoir et de répondre aux vibrations sonores. Le corps réagit ainsi au son au-delà de l’audition consciente.

Mise en perspective pour les pratiques du toucher

Ces résultats ouvrent des perspectives particulièrement intéressantes pour les pratiques du massage et du toucher. Ils suggèrent que le corps peut être influencé par des vibrations — sonores ou mécaniques — à un niveau cellulaire profond.

Cette compréhension renforce l’idée que l’environnement sensoriel, et notamment les vibrations, peut jouer un rôle de soutien dans les pratiques de soin non invasives, en complément du toucher.

Conclusion

Cette étude apporte des preuves solides que le son peut influencer le fonctionnement cellulaire, l’expression génétique et les processus de différenciation. Elle ouvre également des pistes prometteuses pour le développement de traitements non invasifs, allant du contrôle de l’inflammation à la régénération tissulaire.

Pour les praticiens du massage bien-être, ces travaux scientifiques contribuent à enrichir la compréhension des mécanismes subtils à l’œuvre dans l’accompagnement par le toucher et les environnements vibratoires.

Source

Par Eloïse Mercier, Présidente de la FFMBE.

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