CHAPITRE 1 / Histoire, missions et valeurs de la FFMBE
Module 1 / De 2002 à 2004, l’engagement militant
2002 : l'ASMBE, un collectif de défense du massage à l’origine de la FFMBE
“Le massage, tradition millénaire et universelle, est un droit inaliénable. Toute personne doit pouvoir recevoir le massage de son choix.” C’est pour défendre cette idée fondamentale que la FFMBE a pris le relais d’un collectif de défense qui existait déjà, depuis le 29 mars 2002, sous la dénomination Association de Soutien au Massage Bien-Etre (A.S.M.B.E).
Il faut savoir qu’en France les premiers massages professionnels furent réalisés dans le cadre des soins infirmiers et de l’activité gymnastique sportive. La réunification des Syndicats des masseurs médicaux et des gymnastes médicaux a donné naissance à la masso-kinésithérapie qui s’institutionnalise en 1946 avec la création du diplôme d’État de masseur-kinésithérapeute.
Ce faisant, cette réglementation prétendait enfermer le massage dans une approche exclusivement thérapeutique. Pensant détenir le monopole du mot «massage», certains représentants de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes ont menacé et intenté des procès tant aux esthéticiennes qu’aux praticiens en massages bien-être. Devant le conflit corporatiste initié par l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes, les syndicats d’esthéticien·ne·s, avaient obtenu par décret en 2004 le droit de faire du massage superficiel et à visée esthétique sous le nom de “modelage”.
Définition
On entend par modelage toute manœuvre superficielle externe réalisée sur la peau du visage et du corps humain dans un but exclusivement esthétique et de confort, à l’exclusion de toute finalité médicale et thérapeutique. Cette manœuvre peut être soit manuelle, éventuellement pour assurer la pénétration d’un produit cosmétique, soit facilitée par un appareil à visée esthétique. Source : Loi n° 96-603 du 5 juillet 1996 relative au développement et à la promotion du commerce et de l’artisanat – article 16.
Il s’agissait donc, pour l’ASMBE, puis pour la FFMBE, de défendre la possibilité juridique de donner et recevoir un massage qui ne soit pas médicalisé ou instrumentalisé, et au-delà de promouvoir le massage comme facteur de santé, d’épanouissement personnel et de vie sociale apaisée.
Une pétition lancée en 2009 auprès du public a permis de récolter, sous format papier et électronique via le site agir-massages-bien-etre.org (aujourd’hui hors-ligne), plus de 10.000 signatures en faveur du massage bien-être.
Ce chiffre important pour l’époque exprime la réalité d’un besoin et d’une attente de la société française pour les massages bien-être et leurs bienfaits. Parallèlement à l’émergence de ce nouveau métier, les rendus de justice nous ont été favorables.
OBJECTIF FFMBE > La promotion et la reconnaissance du massage bien-être comme facteur de santé, d’épanouissement personnel et de vie sociale apaisée.
2004 : création de la FFMBE
La FFMBE, association loi 1901, a été officiellement créée le 12 octobre 2004, par des praticiens engagés et des écoles volontaires.
Si la FFMBE s’est dès l’origine engagée dans une démarche militante, en affirmant qu’une prestation de massage peut être professionnelle sans pour autant être médicale, elle s’est également très vite engagée dans la professionnalisation du métier, répondant en cela à la demande forte des usagers comme des praticiens et des écoles.
La FFMBE est ainsi à l’origine de toute la terminologie du « massage bien-être », ainsi que la structuration des parcours de formation et l’encadrement de l’exercice de la profession de masseur bien-être (code de déontologie, référentiel métier, etc.), points que nous aborderons en détail dans les prochains modules de cette formation.
OBJECTIF FFMBE > La structuration, la reconnaissance et la promotion de la filière du massage bien-être.
Témoignage : Joël Savatofski, parmi les pionniers de la démocratisation du massage bien-être en France.
Joël Savatofski est un des pionniers du renouveau du massage bien-être en France et a contribué à la création de l’ASMBE, puis de la FFMBE. Ancien kinésithérapeute, il a été conduit en justice par la Fédération Française des Masseurs Kinésithérapeutes Rééducateurs et le Syndicat Départemental des Masseurs Kinésithérapeutes Rééducateurs de la Côte d’Or, au motif de « complicité d’exercice illégal de la masso-kinésithérapie ». Le livre “L’affaire massage bien-être” relate cette histoire incroyable.