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Entre souvenirs et mémoire le massage-bien-être en France

Évoquer le massage-bien-être en France implique de ne pas oublier la façon dont il a émergé en Occident, dans les années 1965-1970.

Entre souvenirs et mémoire le massage-bien-être en France

Évoquer le massage-bien-être en France implique de ne pas oublier la façon dont il a émergé en Occident, dans les années 1965-1970, période de crise sociale et de contestation. Une période où une partie de la population aspirait au changement… Une nouvelle approche du corps s’est fait jour, associée au désir de s’épanouir individuellement, de s’exprimer librement à la recherche d’un vécu corporel toujours plus authentique.

Parallèlement, aux États-Unis, le massage de détente se développe, nourri par une recherche de l’expression corporelle, des ressentis, influencé par les nouvelles thérapies et les différents mouvements en psychologie humaniste, qui placent le corps au centre de leurs pratiques.

Le massage trouve alors sa place au cœur des techniques d’éveil sensoriel, de connaissance de soi, du schéma corporel et de la relation à l’autre. Bernard Gunther, formateur à Esalen, mais aussi George Downing, Gordon Inkeles, sont des noms familiers dans les années 1970 aux États-Unis. Ils propagent les bienfaits du massage.

En Europe, à partir de 1971, Gerda Boyesen donne des cours de massage et crée en 1975 le Gerda Boyesen Center, qui deviendra un carrefour pour la thérapie corporelle de l’époque. Aadel Bülow-Hansen développe de son côté un massage musculaire. En France, Thérèse Bertherat publie en 1976 un livre qui la fera connaître mondialement, Le corps a ses raisons, un regard particulier fondé sur une approche pédagogique du corps. Jean- Louis Abrassart publie en 1983 Le Massage californien ; Claude Camilli présente sa méthode du massage sensitif comme « une psychanalyse qui intègre le corps », enrichissant ainsi l’approche somatothérapeutique. En 1985, Joël Savatofski, kinésithérapeute, crée l’École européenne du toucher-massage et se fait connaître par ses nombreuses publications telles que Le Massage minute, La Pause massage, etc.

Le massage assis alors fait une entrée remarquée sur le devant de la scène. Cette nouvelle tendance qui permet de pratiquer le massage presque n’importe où est l’objet d’une attention médiatique intense qui suscitera la curiosité, puis, très rapidement, une véritable demande et finalement, un engouement du public qui s’étendra par la suite à toutes les formes de massages relaxants. Cette exposition médiatique soulèvera également des protestations et provoquera des crispations de la part de certains professionnels du milieu médical et paramédical, leur principal argument portant sur la qualité et le sérieux de la formation en massage-bien-être.

En 2004, les centres de formation en massage-bien-être qui proposent une certaine qualité et une certaine éthique de l’apprentissage et de la diversité et qui sont validés par une certification, certes non officielle, se comptent encore sur les doigts d’une main. Le massage californien, le massage suédois et le massage assis amma constituent les grands piliers de la plupart des formations.

Les techniques de massages dites traditionnelles (ayurvédique, shiatsu, nuad borarn) sont le plus souvent enseignées dans des centres spécifiques à ce type de formations. À cette époque, beaucoup de futurs praticiens se forment davantage à l’étranger, en Suisse, en Angleterre, au Canada, en Thaïlande ou encore en Inde. Dans cette période, la diffusion progressive du amma en entreprise ou en événementiel est perçue par le public en manque de repères comme une curiosité « à essayer ».

Parallèlement, un phénomène plus global autour du bien- être prend la forme d’une lame de fond, comme en attestent les différents salons du bien-être dont le succès ne cesse de grandir. En 2008, les premiers centres de formation obtiennent la certification ISO 9001 ; les écoles se multiplient. La FFMBE contribue à cette évolution par la mise en place d’une commission « Éthique et formation » qui constitue un cahier des charges et les bases d’une déontologie qui mette véritablement en cohérence l’offre de formation et permette ainsi d’avancer sur le chemin de la reconnaissance professionnelle de la pratique du massage-bien-être.

En dix ans, d’une tendance, le massage-bien-être est devenu pour le public une évidence. Le massage relaxant est à présent un service indispensable aussi bien dans les hôtels de luxe – qui ne peuvent plus se passer d’un espace pour le spa – que dans les campings et finalement tous les lieux de vacances. Le milieu de l’entreprise s’ouvre davantage au bien-être en général mais aussi à l’événementiel. Toute ville de taille moyenne dispose aujourd’hui d’un institut de massage…

En dix ans, les centres de formation sont passés d’une poignée de pionniers à plus d’une trentaine actuellement agréés par la FFMBE dans toute la France. Une forme de banalisation du service et de la pratique du massage-bien-être est ainsi en cours ; aujourd’hui plus que jamais, les formations permettent d’envisager le massage-bien-être comme un métier, une profession d’avenir.

Source : Médecines douces, bien-être et relaxation, modelage et massage, Librairie de l’APCE, 2013.

Source

Par Patrice MINERY et Roger DAULIN/ paru dans La Massagère / Numéro 19 / 2014.

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